La prise de parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le 24 septembre 2026 à New York devant l’Assemblée générale des Nations unies a été marquée par une importante mobilisation diplomatique. Selon un décompte attribué aux autorités israéliennes, 77 délégations ont quitté l’hémicycle au moment où le chef du gouvernement israélien a commencé son intervention.
La scène, particulièrement visible dans l’enceinte de l’ONU, intervient dans un contexte de fortes tensions internationales autour de la guerre à Gaza et, plus largement, des affrontements qui continuent de redessiner les équilibres diplomatiques au Moyen-Orient. Le départ de dizaines de délégations a ainsi donné une dimension politique particulière à une intervention qui devait permettre à Netanyahu de défendre les positions de son gouvernement devant la communauté internationale.
Une contestation diplomatique de grande ampleur
Le phénomène a concerné des pays issus de plusieurs régions du monde. Les délégations de nombreux États arabes et musulmans figuraient parmi celles qui n’étaient pas présentes ou qui ont quitté la salle, notamment celles de la Syrie, de la Palestine, de la Jordanie, du Liban, de l’Irak, de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït, d’Oman, de l’Égypte, de l’Algérie et de la Mauritanie.
L’Afrique a également été fortement représentée dans ce mouvement. L’Afrique du Sud, le Sénégal, l’Angola, la République démocratique du Congo, le Congo, le Niger, le Tchad, la République centrafricaine, le Kenya, la Namibie, le Mozambique, Madagascar ou encore l’Ouganda figurent parmi les pays recensés dans le décompte.
La mobilisation a également dépassé le cadre du monde arabe et africain. En Asie, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie, le Bangladesh, l’Afghanistan et plusieurs autres États étaient concernés. En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Brésil, la Colombie, le Chili, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Pérou, le Panama, le Nicaragua ou encore la Guyana figuraient également parmi les délégations recensées.
En Europe, la Slovénie, l’Espagne, l’Irlande, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord et Saint-Marin figuraient également dans la liste.
Une mobilisation qui dépasse les clivages régionaux
Au-delà du nombre, la portée politique de cette séquence réside dans la diversité géographique des États concernés. Le mouvement ne s’est pas limité aux pays directement impliqués dans la question palestinienne ou au monde musulman.
La présence de plusieurs États européens et latino-américains montre que le malaise diplomatique à l’égard de la politique israélienne s’exprime désormais dans des espaces géopolitiques différents. Le fait que des pays tels que l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, le Brésil, la Colombie ou encore l’Afrique du Sud soient cités parmi les délégations concernées renforce la dimension internationale du signal envoyé à la tribune de l’ONU.
Cette configuration traduit également la profondeur des divisions qui traversent aujourd’hui la communauté internationale sur la guerre à Gaza, la protection des populations civiles et la perspective d’un règlement politique du conflit.
Une précision importante sur le chiffre de 77
Le chiffre de 77 pays doit toutefois être présenté avec prudence. Le décompte relayé par les sources israéliennes regroupe les délégations qui ont effectivement quitté la salle au début du discours et celles qui étaient déjà absentes. Il ne signifie donc pas nécessairement que les représentants des 77 États ont tous participé à un mouvement coordonné de boycott.
Cette distinction est importante dans une analyse diplomatique rigoureuse : une absence peut résulter d’un choix politique, mais également de considérations protocolaires ou de calendrier. Dans certains cas, des délégations ont effectivement quitté la salle, tandis que d’autres n’avaient pas pris place dans l’hémicycle.
Netanyahu face à une salle largement clairsemée
À son arrivée à la tribune, Benjamin Netanyahu a été accueilli par un mélange d’applaudissements, de huées et par le départ de nombreuses délégations. Le président de l’Assemblée générale a dû à plusieurs reprises appeler au calme. Le Premier ministre israélien a, de son côté, dénoncé le départ de représentants qu’il a qualifiés de « lâches moraux », avant de défendre les actions de son pays.
Cette séquence a donc transformé le discours en un événement diplomatique à part entière. Au-delà du contenu de l’intervention, les images d’une salle partiellement vidée ont constitué un message politique difficile à ignorer.
Le reflet d’un isolement diplomatique croissant ?
Cette démonstration ne signifie pas pour autant qu’un consensus international existe sur toutes les questions relatives au conflit israélo-palestinien. Les États demeurent divisés sur les responsabilités, les moyens de parvenir à une cessation durable des hostilités et les modalités d’une éventuelle solution politique.
Elle révèle néanmoins une évolution importante : la question palestinienne continue de peser lourdement sur les relations diplomatiques d’Israël avec une partie croissante de la communauté internationale.
À l’ONU, où la diplomatie repose largement sur le dialogue et la confrontation des positions, le départ collectif de nombreuses délégations constitue avant tout un acte politique. Il traduit un désaccord profond avec les orientations défendues par le gouvernement israélien et témoigne de la difficulté croissante à dissocier la politique de sécurité d’Israël des conséquences humanitaires et politiques de la guerre à Gaza.
Une image forte de la fracture internationale
Le départ ou l’absence de 77 délégations aura finalement offert l’une des images les plus marquantes de cette session de l’Assemblée générale. Il illustre les fractures qui traversent actuellement le système multilatéral et la difficulté de la communauté internationale à parvenir à une position commune sur les conflits du Moyen-Orient.
Pour Israël, cette séquence constitue un rappel de la pression diplomatique à laquelle le pays est confronté. Pour ses adversaires, elle représente au contraire la manifestation d’une contestation internationale grandissante.
Sanadé Sanah



