(LETTRE D’AFRIQUE) Approvisionnement en produits de première nécessité, transport, transit et régulation du marché: pendant deux jours, une cinquantaine de directeurs de publication ont été informés sur les missions de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) et les mécanismes qui influencent la vie économique nationale. Une initiative de l’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP) sous leadership de Boubacar YALKOUE visant à renforcer la qualité du traitement de l’information économique.
L’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP), en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), a organisé, les 24 et 25 octobre 2026, un atelier d’information à l’intention d’une cinquantaine de directeurs de publication. La rencontre s’est tenue au siège de la délégation régionale de la CCIM de Koulikoro, sous la présidence du secrétaire général de l’institution consulaire, Mahamadou Sanogo accompagné d’une forte délégation d’experts.
Cette initiative répond à un double objectif : mieux faire connaître les missions de la CCIM et permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les mécanismes du commerce, de l’industrie et des services, notamment ceux qui déterminent l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité.
Mieux comprendre le rôle stratégique de la CCIM
Acteur majeur de la vie économique nationale, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali assure une fonction d’interface entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques. Elle contribue à la représentation des intérêts du secteur privé ainsi qu’à la promotion et au développement des activités commerciales et industrielles.
Toutefois, ses missions et ses domaines d’intervention restent insuffisamment connus d’une partie de la population. C’est pour répondre à ce besoin d’information que l’ASSEP, en partenariat avec le Bureau national de la CCIM, a initié cette rencontre destinée aux responsables de publication.

Durant les deux jours de travaux, les participants ont été édifiés sur les attributions de la CCIM et sur les enjeux liés à l’approvisionnement du Mali en produits de première nécessité. Les échanges ont notamment porté sur deux sous-thèmes : le rôle du transport et de la facilitation du transit, d’une part, et les missions de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), d’autre part.
Ces questions occupent une place importante dans l’actualité économique, dans la mesure où les conditions de transport, les délais de transit et les mécanismes de régulation peuvent influer sur la disponibilité des produits et les prix pratiqués sur les marchés.
Boubacar Yalkoué insiste sur la responsabilité de la presse économique
À l’ouverture des travaux, le président de l’ASSEP, Boubacar Yalkoué, a souligné l’importance des thématiques retenues, qui touchent directement au quotidien des populations.
« Ils touchent directement à la vie de nos concitoyens, au pouvoir d’achat des ménages, à la stabilité économique et à la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

Pour le président de l’ASSEP, la compréhension des mécanismes économiques constitue un préalable indispensable à une information fiable et équilibrée. Dans un contexte où l’accès aux produits essentiels demeure une préoccupation quotidienne pour de nombreux ménages, les journalistes doivent pouvoir expliquer les facteurs qui influencent les prix et la disponibilité des marchandises.
Derrière une hausse des prix, une difficulté de transport, un retard de transit ou une rupture de stock se trouvent des réalités économiques que les professionnels des médias doivent comprendre avant de les porter à la connaissance du public, a-t-il fait valoir.
L’atelier offre ainsi aux directeurs de publication l’occasion d’approfondir leurs connaissances sur les circuits d’approvisionnement, les responsabilités des différents acteurs et les mécanismes qui structurent les échanges commerciaux. Il doit également contribuer à améliorer le traitement journalistique des questions économiques, en privilégiant une information documentée, contextualisée et vérifiée.
Au nom de l’ASSEP, Boubacar Yalkoué a adressé ses remerciements à la CCIM, à son secrétaire général et à l’ensemble de ses collaborateurs pour leur disponibilité, leur écoute et leur ouverture, qui ont permis l’organisation de cette rencontre.
Mahamadou Sanogo décline les cinq grandes missions de la CCIM
Prenant la parole à son tour, le secrétaire général de la CCIM, Mahamadou Sanogo, a présenté les principales missions de l’institution, qu’il a résumées autour de cinq fonctions essentielles : représenter et défendre les opérateurs économiques des trois collèges — Commerce, Industrie et Services — ; organiser le secteur privé malien ; conseiller les pouvoirs publics et leur proposer des mesures favorables au développement des entreprises ; appuyer et promouvoir les entreprises, notamment par la formation, le financement et la mise en relation avec les marchés national et international ; enfin, gérer les équipements confiés par l’État au service du secteur privé.

Au-delà de ce cadre légal, Mahamadou Sanogo a insisté sur la volonté de la CCIM de renforcer son utilité auprès de l’ensemble de ses partenaires, qu’il s’agisse de l’État, des entreprises ou des médias.
« Utile pour l’État, en produisant des données fiables sur l’économie réelle. Utile pour l’entrepreneur de Kayes comme pour celui de Kidal, en lui facilitant l’accès aux informations relatives au développement des activités économiques. Utile pour vous, la presse, en vous fournissant une information économique juste, vérifiée et à la source », a-t-il affirmé.
Cette orientation met en avant la nécessité de rapprocher davantage l’institution consulaire des opérateurs économiques et des professionnels de l’information. Pour la presse, l’accès à des données fiables et à des sources institutionnelles identifiées constitue un levier important pour expliquer les évolutions du marché et éclairer les citoyens sur les enjeux économiques.
Souveraineté économique : le secteur privé au cœur des enjeux
Le secrétaire général de la CCIM a également replacé les missions de l’institution dans le contexte national, marqué par la volonté de souveraineté affirmée par les autorités de la Transition et la Confédération des États du Sahel (AES).
« Nous ne pouvons parler de souveraineté sans un secteur privé fort, organisé et bien gouverné. C’est le sens de la Vision Mali 2063 », a-t-il souligné.
Cette déclaration met en lumière la place du secteur privé dans les ambitions de développement du pays. La consolidation des entreprises, l’amélioration de leur accès aux marchés et le renforcement de leur organisation figurent parmi les enjeux liés à la structuration de l’économie nationale.
Dans cette perspective, la CCIM entend jouer un rôle d’accompagnement, de représentation et de mise en relation, tandis que les médias ont la responsabilité de rendre ces mécanismes compréhensibles pour le public. La qualité de l’information économique participe ainsi à une meilleure connaissance de l’environnement des affaires et des défis auxquels les entreprises maliennes sont confrontées.
Koulikoro mobilisée pour le renforcement des compétences
Pour sa part, le président de la délégation régionale de la CCIM, Kassim Simpara, s’est réjoui du choix de Koulikoro, capitale du Méguetan, pour accueillir cette rencontre. Il a invité les participants à tirer pleinement profit des échanges afin de renforcer leurs compétences et leur compréhension des missions de l’institution consulaire.

À travers cet atelier, l’ASSEP et la CCIM entendent rapprocher les acteurs économiques des professionnels de la presse. Au-delà de la transmission d’informations sur les attributions de la Chambre, l’initiative met en évidence l’importance d’un dialogue régulier entre institutions économiques et médias.
Dans un environnement où les questions d’approvisionnement, de pouvoir d’achat et de développement des entreprises occupent une place centrale, une presse mieux informée dispose de davantage de moyens pour expliquer les réalités du marché, éclairer les débats publics et contribuer à une meilleure compréhension des enjeux du commerce, de l’industrie et des services au Mali.
Seyni T.KASSAMBARA


