(LETTRE D’AFRIQUE) La France a exprimé une nouvelle fois sa vive préoccupation face à l’évolution de la situation en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. À l’occasion de l’ouverture de la présidence française du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de septembre 2026, Paris a condamné plusieurs décisions israéliennes relatives à l’extension de la colonisation ainsi qu’aux violences attribuées à certains colons.
L’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a qualifié ces décisions d’« extraordinairement préoccupantes », traduisant ainsi le durcissement du ton diplomatique français sur une question qui demeure au cœur des tensions israélo-palestiniennes.
Au centre des critiques françaises figure la poursuite et l’extension des programmes de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Paris considère que cette dynamique constitue un facteur supplémentaire de dégradation du contexte politique et sécuritaire.
Le diplomate français a également évoqué les violences commises par certains colons et la question de l’occupation ou de la prise de terres. Selon lui, ces actions suscitent de profondes préoccupations, notamment lorsqu’elles ne font pas l’objet d’une réponse suffisante de la part des forces de sécurité israéliennes.
La position française s’inscrit dans une ligne diplomatique constante : la question de la colonisation reste considérée comme l’un des principaux obstacles à toute perspective de règlement durable du conflit israélo-palestinien.
La prise de position de Jérôme Bonnafont intervient au moment où la France assure la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU durant le mois de septembre 2026.
Cette responsabilité offre à Paris une position particulière pour mettre certains dossiers internationaux au centre des discussions diplomatiques. La situation au Moyen-Orient, et notamment celle des territoires palestiniens, devrait ainsi continuer de figurer parmi les questions sensibles examinées par le Conseil.
La France a annoncé qu’un débat consacré à la résolution 2334 du Conseil de sécurité serait organisé vers la fin du mois. Ce texte constitue l’un des principaux cadres de référence des discussions internationales relatives à la colonisation dans les territoires palestiniens occupés.
L’annonce d’un nouveau débat sur la résolution 2334 intervient dans un contexte où les perspectives de règlement politique du conflit restent particulièrement fragiles.
Pour la communauté internationale, la question de la colonisation dépasse la seule dimension territoriale. Elle touche directement aux conditions nécessaires à une éventuelle reprise des négociations et à la possibilité de préserver une solution politique durable entre Israéliens et Palestiniens.
Le débat prévu au Conseil de sécurité devrait donc permettre aux différents membres de réaffirmer leurs positions sur le respect des résolutions internationales et sur l’évolution de la situation sur le terrain.
La déclaration de la France illustre la persistance des profondes divergences internationales autour de la politique israélienne en Cisjordanie.
Si Paris entend utiliser les tribunes diplomatiques pour rappeler sa position et exprimer ses préoccupations, la capacité du Conseil de sécurité à produire des décisions concrètes demeure régulièrement confrontée aux rapports de force entre ses membres.
Dans ce contexte, la présidence française du Conseil de sécurité pourrait constituer une nouvelle occasion de remettre la question de la colonisation et de la protection des populations civiles au centre du débat international.
Au-delà des déclarations, le principal enjeu reste celui de la traduction des positions diplomatiques en mécanismes capables d’influencer durablement la situation sur le terrain.
La séquence qui s’ouvre au Conseil de sécurité en septembre 2026 devrait ainsi être suivie de près, dans un contexte régional marqué par la persistance des tensions et l’éloignement apparent d’une solution politique durable au conflit israélo-palestinien.
Sanadé Sanah



