(LETTRE D’AFRIQUE) La Fédération malienne des Associations des Thérapeutes Traditionnels et Herboristes (FEMATH) a publié le 29 août 2026 un communiqué de mise au point concernant les propos et interprétations relatifs à la commercialisation des médicaments traditionnels au Mali. Ledit communiqué est signé par Ousmane DIARRA, Président de la Fédération Malienne des Associations des Thérapeutes Traditionnels et Herboristes (FEMATH).
À travers cette clarification, l’organisation présidée par Ousmane Diarra appelle à une lecture rigoureuse des textes réglementaires, estimant qu’il est nécessaire de distinguer les différentes catégories de produits issus de la pharmacopée traditionnelle avant de déterminer leurs conditions de détention, de délivrance et de commercialisation.
Quatre catégories de médicaments traditionnels
Selon la FEMATH, la réglementation malienne distingue plusieurs catégories de médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle. La première catégorie concerne les médicaments préparés directement par le thérapeute traditionnel pour un patient donné, de manière extemporanée, à partir de matières premières fraîches ou sèches.
La deuxième catégorie regroupe les médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, préparés à l’avance et couramment utilisés au sein des communautés, dont les principes actifs sont constitués de matières premières brutes. La troisième catégorie concerne les produits issus de la recherche scientifique, préparés à l’avance et élaborés à partir d’extraits standardisés.
Enfin, la quatrième catégorie comprend les médicaments issus de la recherche scientifique dont les principes actifs sont constitués de molécules purifiées. Pour la FEMATH, cette classification démontre que les produits issus de la pharmacopée traditionnelle ne relèvent pas tous automatiquement du même régime juridique.
Les médicaments traditionnels améliorés et les officines de pharmacie
La Fédération rappelle les dispositions de l’Arrêté n°95-1319/MSS-PA/SG du 22 juin 1995, relatif notamment aux cabinets privés de consultation et de soins traditionnels, aux herboristeries ainsi qu’aux unités de production de médicaments traditionnels améliorés.
Selon la FEMATH, l’article 13 de cet arrêté prévoit que les Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) ne peuvent être commercialisés que dans les officines de pharmacie.
L’organisation affirme reconnaître et respecter cette disposition réglementaire. Toutefois, elle estime que cette règle doit être interprétée dans son champ d’application précis et ne saurait, selon elle, être automatiquement étendue à l’ensemble des produits issus de la pharmacopée traditionnelle.
Le statut réglementaire des herboristeries
Dans son communiqué, la FEMATH insiste également sur la reconnaissance des herboristeries dans la réglementation malienne. Elle fait notamment référence à l’article 9 de l’arrêté précité, qui prévoit que l’herboristerie est destinée à la vente de plantes médicinales ou de médicaments à base de plantes.
L’article 11 prévoit, selon la Fédération, la commercialisation de certaines plantes médicinales sous différentes formes, notamment les tisanes, poudres, extraits, huiles essentielles et huiles grasses, dans les conditions prévues par les textes en vigueur.
Pour l’organisation professionnelle, cette distinction juridique est essentielle afin d’éviter toute confusion entre les médicaments traditionnels améliorés, les médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle, les plantes médicinales et les différentes préparations traditionnelles.
L’AMM au cœur de la réglementation
La FEMATH évoque également le Décret n°04-557/P-RM du 1er décembre 2004, relatif à l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments à usage humain et vétérinaire. La Fédération rappelle que les médicaments destinés à être mis sur le marché sont soumis à un cadre réglementaire spécifique.
Elle souligne toutefois qu’il convient, selon son interprétation, de distinguer l’obligation d’obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché de la question relative au lieu de commercialisation du produit. Cette précision constitue l’un des principaux axes de la mise au point publiée par l’organisation.
Un appel à éviter les amalgames
À travers ce communiqué, la FEMATH appelle les différents acteurs concernés à une lecture complète et rigoureuse des textes qui encadrent la médecine traditionnelle au Mali. Pour la Fédération, les débats sur la commercialisation des produits traditionnels doivent prendre en compte la diversité des catégories existantes et les régimes réglementaires qui leur sont applicables.
L’enjeu, selon l’organisation, est d’éviter les amalgames et de favoriser une meilleure compréhension du cadre juridique applicable à la pharmacopée traditionnelle, aux médicaments traditionnels améliorés et aux produits commercialisés dans les herboristeries.
Cette mise au point relance ainsi le débat sur la nécessaire conciliation entre la valorisation de la médecine traditionnelle, la reconnaissance des savoirs thérapeutiques locaux et le respect des exigences réglementaires destinées à garantir la qualité et la sécurité des produits proposés aux consommateurs.
Seyni T. KASSAMBARA


