dimanche, 18 octobre, 2026

CEDEAO-AES: à Dakar, un dialogue relatif pour bâtir un cadre de coopération équilibré

Le 17 octobre 2026, à Dakar, les ministres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunis pour entamer une nouvelle phase de dialogue. Leur objectif : structurer une coopération plus solide, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et les intérêts des populations ouest-africaines. Pour cela, ils ont décidé de créer des groupes de travail thématiques conjoints, afin de préparer un futur accord-cadre.

Dakar, une étape dans la relance du dialogue régional

Les relations entre la CEDEAO et l’AES connaissent un tournant. Le 17 octobre 2026, les représentants des deux organisations ont tenu leur première session ministérielle de prise de contact. Cette rencontre avait pour mais de poser les bases d’un cadre de coopération durable.

La délégation de la CEDEAO était dirigée par Cheikh Niang, ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, et président du Conseil des ministres de l’organisation. Celle de l’AES était conduite par Karamoko Jean-Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso et président du Comité ministériel de pilotage de la Confédération. Les deux responsables ont coprésidé les travaux.

Cette réunion s’inscrit dans la suite des consultations tenues le 22 mai 2025 à Bamako. Elle montre la volonté des deux parties de poursuivre le dialogue, malgré les tensions qui ont marqué leurs relations ces dernières années.

Le respect de la souveraineté au cœur des discussions

Dans leur communiqué conjoint, les deux délégations ont salué l’esprit de fraternité, de respect mutuel et d’ouverture qui a présidé à leurs échanges. Elles ont également rappelé les liens historiques, socioculturels et économiques qui unissent les peuples de l’Afrique de l’Ouest.

Au-delà des principes, les parties ont souligné que leurs relations devraient être guidées par le bon voisinage, le respect de la souveraineté, la dignité et le bien-être des populations. Cette référence explicite à la souveraineté est un point central du dialogue. Elle montre la volonté de trouver un terrain d’entente qui respecte les orientations propres à chaque organisation, tout en préservant les relations entre les États et les peuples de la région.

Pour la CEDEAO comme pour l’AES, le défi est désormais de transformer ces principes en mécanismes de coopération concrets. Ces mécanismes doivent répondre aux préoccupations communes, sans effacer les différences de position.

Des groupes de travail pour préparer un accord-cadre

L’un des résultats majeurs de cette réunion est la décision de créer des groupes de travail thématiques conjoints. Ces structures auront pour mission de mener des échanges techniques et de formuler des propositions qui serviront de base à un futur accord-cadre de coopération entre les deux organisations.

Les conclusions de ces groupes seront présentées aux ministres lors de la prochaine session. Le communiqué ne précise ni le calendrier détaillé des travaux, ni les domaines prioritaires qui seront abordés.

Les prochaines étapes seront donc cruciales. Elles devront permettre de passer de la volonté politique à des engagements clairs, accompagnées de modalités de mise en œuvre et d’un suivi efficace.

La recherche d’un cadre « équilibré » et « réaliste », selon les termes retenus par les partis, implique de concilier les intérêts des deux organisations et les attentes de leurs populations. La portée réelle de cette démarche groupes dépendra de la capacité des travaux à identifier les domaines d’intérêt commun et à formuler des propositions acceptables pour les deux camps.

Un enjeu majeur pour l’intégration ouest-africaine

Cette initiative intervient à un moment où les relations entre la CEDEAO et l’AES sont un enjeu majeur pour la coopération régionale. La circulation des personnes et des biens, les échanges économiques, la sécurité et les liens entre les populations sont autant de domaines où un dialogue structuré pourrait être bénéfique. Pourtant, le communiqué ne précise pas lesquels seront effectivement retenus dans les futurs travaux.

L’objectif affiché n’est pas la conclusion immédiate d’un accord, mais la mise en place d’un processus de négociation pour en définir les contours. Cette distinction est essentielle : la réunion de Dakar marque une avancée diplomatique, sans préjuger du contenu final ni de la rapidité des discussions à venir.

La prochaine session, dont la date et le lieu seront fixés par voie diplomatique, devra permettre d’évaluer les progrès des groupes de travail et d’examiner leurs propositions.

Le Sénégal salue pour son rôle d’accueil

À l’issue de la rencontre, les deux parties ont exprimé leur reconnaissance au président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, présenté dans le communiqué comme président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, ainsi qu’au gouvernement et au peuple sénégalais pour leur hospitalité et leur engagement en faveur de l’intégration ouest-africaine.

Ce remerciement a mis en lumière l’importance du soutien diplomatique et de la disponibilité d’espaces de dialogue pour rapprocher les positions.

En définitive, la réunion de Dakar ouvre une perspective de rapprochement entre la CEDEAO et l’AES, mais le véritable test reste à venir. La mise en place des groupes de travail et l’élaboration d’un accord-cadre démontreront que les engagements de respect mutuel et de coopération peuvent aboutir à des résultats concrets. Pour les populations ouest-africaines, l’enjeu est de voir ce dialogue contribuer à préserver les liens régionaux et à faire progresser les intérêts communs, dans le respect des choix souverains de chaque partie.

Seyni Kassambara

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