(LETTRE D’AFRIQUE) Les travailleurs de la BIM-SA ont observé un sit-in les 1er et 2 octobre 2026 pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une inégalité dans la répartition des bonus au titre de l’exercice 2025. Le Comité syndical réclame notamment le versement d’un complément de deux mois de salaire aux travailleurs et menace de déposer un préavis de grève en l’absence d’avancée.
Le climat social se tend à la BIM-SA. À l’appel du Comité syndical de la banque, les travailleurs ont organisé un sit-in afin de protester contre les modalités de distribution des bonus au titre de l’exercice 2025. Le mouvement, observé dans la matinée, traduit un différend qui, selon les représentants syndicaux, dure depuis plusieurs années.
Prenant la parole devant les travailleurs mobilisés, le Secrétaire général du Comité syndical, Abdoulaye Keïta, a expliqué que la revendication porte principalement sur ce que le syndicat considère comme une répartition inéquitable des primes.
Le bonus 2025 au cœur du différend
Selon le responsable syndical, les travailleurs percevraient depuis plus d’une dizaine d’années des bonus inférieurs à un mois de salaire. Le syndicat affirme avoir régulièrement demandé à la direction générale de revoir cette pratique, sans obtenir, à ses dires, de changement substantiel.

Pour l’exercice 2025, les représentants des travailleurs auraient proposé le versement d’un mois de salaire à l’ensemble du personnel, assorti d’un complément calculé en fonction des performances individuelles.
Cette proposition n’aurait pas été retenue par la direction, qui aurait invoqué les contraintes liées à l’enveloppe disponible. Le syndicat affirme avoir alors accepté le maintien des anciens critères de répartition.
C’est la découverte des montants attribués à la direction générale qui aurait finalement provoqué la mobilisation. Abdoulaye Keïta affirme que certains responsables auraient bénéficié de l’équivalent de cinq à six mois de salaire, alors que les autres travailleurs n’auraient pas atteint un mois.
Ces chiffres, avancés par le responsable syndical, constituent le principal point de contestation du mouvement. Ils n’ont toutefois pas été accompagnés, dans le discours syndical, de documents financiers permettant d’en vérifier indépendamment le détail.
Deux courriers restés sans réponse, selon le syndicat
Face à cette situation, le Comité syndical indique avoir adressé un premier courrier à la direction générale le 3 août 2026, demandant notamment le versement de deux mois supplémentaires de salaire aux travailleurs. Faute de réponse, une lettre de relance aurait été envoyée le 17 septembre. Selon Abdoulaye Keïta, cette seconde démarche serait également restée sans suite.
Le syndicat affirme avoir ensuite saisi le nouveau directeur général lors de sa prise de fonction, le 28 août, puis demandé une rencontre afin d’examiner la question du complément de bonus.
La direction propose une commission sur les futurs bonus
Selon le récit livré par le Secrétaire général du Comité syndical, une rencontre avec la direction générale a finalement eu lieu. À cette occasion, la direction aurait expliqué que l’exercice 2025 étant déjà clôturé, une modification de la répartition des bonus ne serait plus possible. Elle aurait, en revanche, proposé la mise en place d’une commission chargée de réfléchir aux modalités de distribution des bonus pour les prochains exercices.
Une proposition jugée insuffisante par le syndicat, qui insiste sur le fait que sa revendication porte d’abord sur le bonus de 2025, considéré comme déjà distribué dans des conditions contestées.
Vers un durcissement du mouvement ?
Face à l’absence d’accord, les travailleurs ont donc décidé d’organiser un sit-in. Le mouvement s’est déroulé dans la matinée, de 7h30 à 9h30.
Abdoulaye Keïta a indiqué qu’en l’absence de réponse favorable, le syndicat envisageait de poursuivre la mobilisation avant d’engager une procédure pouvant conduire au dépôt d’un préavis de grève.
Le responsable syndical a également laissé entendre que d’autres revendications pourraient être intégrées à un éventuel préavis, au-delà de la seule question des bonus.
Le syndicat veut préserver la relation avec les clients
Conscient des conséquences du mouvement sur les usagers, le Comité syndical a tenu à présenter ses excuses aux clients confrontés à des perturbations dans l’accès aux services bancaires.
Abdoulaye Keïta a toutefois insisté sur la volonté des travailleurs de préserver leur outil de travail et la relation avec la clientèle. « Nous ne cherchons pas à casser notre outil de travail », a-t-il notamment expliqué, rappelant que la banque constitue la source de revenus des travailleurs et que son activité dépend également de ses clients.
Le syndicat appelle ainsi ses membres à rester mobilisés tout en évitant toute provocation et en respectant le cadre légal.
Le soutien du SYNABEF
Le mouvement a également bénéficié du soutien de représentants du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers et commerces (SYNABEF), ainsi que de travailleurs venus d’autres établissements bancaires, selon le Comité syndical.
Cette solidarité syndicale pourrait renforcer le rapport de force autour du dossier si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.
Un dialogue social désormais sous tension
Le différend autour des bonus 2025 met en lumière une question plus large : celle de la transparence, de l’équité et des mécanismes de redistribution des performances au sein de l’entreprise.
Pour le syndicat, l’enjeu dépasse désormais le seul montant des primes. Il s’agit également d’obtenir des garanties sur les futurs mécanismes de rémunération variable et de restaurer un dialogue social jugé insuffisant.
La balle est désormais dans le camp de la direction générale. Une solution négociée permettrait d’éviter une escalade du mouvement et de préserver le fonctionnement de la banque comme les intérêts de ses travailleurs et de ses clients.
Par Sanadé Sanah


