(LETTRE D’AFRIQUE) L’économie mondiale a mieux résisté que prévu au dernier choc en date d’une série déjà longue, mais cette résilience qui persiste ne doit pas être tenue pour acquise. Les guerres et conflits continuent d’imposer un lourd tribut humain, qui s’accompagne de coûts économiques importants et de considérables effets de contagion négatifs, les populations pauvres et vulnérables étant les plus durement touchées. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement accentuent l’incertitude et les tensions sur les prix. De profondes transformations structurelles sont à l’œuvre. Dans cet environnement plus complexe, où possibilités et risques se côtoient, notre priorité reste de promouvoir la stabilité macroéconomique et financière, tout en favorisant une croissance généralisée tirée par le secteur privé et en renforçant la résilience grâce à des mesures crédibles et à la coopération internationale. Il demeure impératif de mettre fin aux guerres et aux conflits, et de parvenir à une paix durable dans le monde entier pour obtenir une croissance pérenne et garantir la stabilité à long terme.
Les pays membres du CMFI se sont mis d’accord sur le texte suivant :
- Nous remercions les autorités thaïlandaises et le peuple thaïlandais pour leur chaleureux accueil à Bangkok à l’occasion des Assemblées annuelles 2026. Nous saluons également l’excellente conduite des travaux du CMFI assurée par le Royaume d’Arabie saoudite et nous nous félicitons de la prolongation d’un an du mandat de M. Aljadaan à la présidence.
- L’économie mondiale a mieux résisté que prévu au dernier choc en date d’une série déjà longue, mais les marges de manœuvre se sont réduites et cette résilience ne saurait être tenue pour acquise. Les guerres et les conflits continuent d’imposer un lourd tribut humain, qui s’accompagne de coûts économiques importants et de considérables effets de contagion négatifs. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions commerciales accentuent l’incertitude et les pressions sur les prix. Parallèlement, les progrès rapides des technologies d’intelligence avancée dynamisent les investissements et les échanges, et pourraient accroître la productivité. Ces évolutions ont jusqu’à présent permis de maintenir une croissance mondiale globalement stable, mais les résultats économiques demeurent contrastés, les pays à faible revenu et les pays fragiles risquant d’accumuler encore plus de retard. Les risques qui entourent les perspectives restent orientés à la baisse : une aggravation des conflits et des tensions commerciales pourrait venir exacerber les perturbations sur d’importants axes commerciaux, les tensions sur les prix des produits de base, notamment des produits énergétiques raffinés, et l’insécurité énergétique et alimentaire. La hausse des rendements des obligations souveraines dans les économies d’importance systémique, conjuguée aux retombées sur les conditions financières mondiales dans un contexte de dette publique élevée et d’importants besoins de refinancement dans de nombreux pays, ainsi qu’aux incertitudes entourant les répercussions économiques et financières des technologies d’intelligence avancée, pourrait amplifier les vulnérabilités macrofinancières. L’évolution rapide de la technologie, les changements démographiques, la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles, ainsi que la fragmentation géoéconomique compliquent les arbitrages des pouvoirs publics.
- Nous réaffirmons que notre priorité est de promouvoir la stabilité macroéconomique et financière grâce à des politiques macroéconomiques judicieuses et cohérentes et à la coopération multilatérale, tout en favorisant une croissance forte et généralisée. Il convient de remédier de toute urgence aux vulnérabilités budgétaires et de poursuivre les efforts d’assainissement, en s’appuyant sur des cadres crédibles à moyen terme, afin de garantir la viabilité des finances publiques et de la dette et de reconstituer les marges de manœuvre, le cas échéant, tout en protégeant les plus vulnérables ainsi que les investissements prioritaires qui stimulent la productivité et la croissance. Les banques centrales restent fermement déterminées à assurer la stabilité des prix, conformément à leurs mandats respectifs, et continueront d’adapter leurs politiques en s’appuyant sur des données et en communiquant clairement. Leur indépendance demeure indispensable pour assurer la crédibilité des politiques et maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation. Nous continuerons de respecter les normes internationales et de surveiller de près les facteurs de vulnérabilité financière et les risques pour la stabilité financière afin d’y remédier. Nous saluons l’initiative « Bangkok Blueprint », qui vise à renforcer la sécurité de la finance numérique, la cyberrésilience et les efforts internationaux de lutte contre la fraude numérique. Nous poursuivrons les réformes destinées à favoriser une croissance tirée par le secteur privé, notamment en mettant à profit les technologies d’intelligence avancée et la transition numérique pour accroître la productivité, tout en restant attentifs aux risques associés et en veillant à ce que les gains qui en découlent soient largement partagés. Nous continuerons de coopérer pour relever les défis mondiaux et garantir la stabilité et le fonctionnement efficace du système monétaire international. Nous agirons de concert pour remédier aux déséquilibres mondiaux excessifs et aux tensions commerciales, éviter les politiques génératrices de distorsions et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, grâce à des réformes adaptées à chaque pays et à la coopération multilatérale, de manière à soutenir une économie mondiale équitable et ouverte. Nous soulignons l’importance de la sécurité et de la résilience des approvisionnements énergétiques ainsi que du respect du principe de la liberté de navigation, qui constituent des conditions essentielles à la stabilité économique mondiale. Nous réaffirmons nos engagements d’avril 2021 sur les taux de change.
- Nous maintiendrons notre soutien aux pays qui entreprennent des réformes et s’attaquent aux facteurs de vulnérabilité liés à leur dette, notamment en mettant en place des politiques macroéconomiques judicieuses, en mobilisant les ressources intérieures et en améliorant la gouvernance. Une attention particulière sera accordée aux difficultés rencontrées par les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire vulnérables, y compris les pays fragiles ou touchés par un conflit et les petits États en développement. Nous restons déterminés à améliorer encore les processus de restructuration de la dette souveraine, notamment au sein du Cadre commun, en nous appuyant sur les progrès accomplis, et à poursuivre les travaux menés dans le cadre de la table ronde mondiale sur la dette souveraine afin de veiller à ce que les restructurations de dette soient mises en œuvre de manière prévisible, opportune, ordonnée et coordonnée. Nous appelons de nos vœux une amélioration de la transparence en matière de dette de la part de toutes les parties prenantes, y compris les créanciers privés. Nous recommandons d’accroître l’appui apporté aux pays dont la dette est viable et qui ont mis en place un programme solide de réformes et de stimulation de la croissance, mais qui se heurtent à des difficultés de financement à court terme, en accélérant la mise en œuvre de la démarche du FMI et du Groupe de la Banque mondiale fondée sur trois piliers. Nous remercions les pays membres qui ont fourni les assurances nécessaires pour soutenir la capacité de prêt autonome du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et espérons que d’autres membres leur emboîteront le pas sans tarder.
- Nous saluons le Plan d’action mondial de la Directrice générale. Dans un monde incertain marqué par des changements rapides et profonds, nous nous félicitons de l’approbation récente d’un ensemble complet de révisions des politiques qui renforceront les activités du FMI en matière de surveillance, d’analyse de la dette, d’octroi de prêts et de développement des capacités, et nous attendons avec impatience leur mise en œuvre rapide, efficace et équitable. Nous soutenons une meilleure intégration du développement des capacités aux activités de surveillance et d’octroi de prêts. Ces réformes contribueront à encore mieux aider les pays membres à détecter les risques, à gérer l’incertitude et à mettre en œuvre des politiques avisées et des cadres crédibles afin de favoriser la résilience et la croissance. Nous saluons également les travaux que mène actuellement le FMI sur les implications macroéconomiques des technologies d’intelligence avancée et les enjeux de politique économique connexes, et attendons avec intérêt de nouvelles analyses et recommandations relevant du périmètre de son mandat.
- Nous réaffirmons notre volonté de faire en sorte que le FMI soit une institution solide, reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates, au centre du dispositif mondial de sécurité financière. Nous espérons mener à bien sans plus tarder les procédures d’approbation au niveau national nécessaires à l’augmentation des quotes-parts au titre de la seizième révision générale des quotes-parts. Les principes directeurs de Diriyah guideront nos futures discussions sur la réforme des quotes-parts et de la gouvernance, notamment dans le cadre de la dix-septième révision générale des quotes-parts.
- Nous soutenons les efforts déployés par le FMI pour moderniser ses opérations, renforcer sa gestion des risques à l’échelle de l’institution et investir dans ses ressources humaines, afin de rester agile, réactif et adapté aux enjeux de demain, y compris grâce à une adoption prudente des technologies d’intelligence avancée en interne. Nous apprécions une fois de plus la qualité du travail des services du FMI et le dévouement dont ils font preuve au sein du système méritocratique de l’institution pour soutenir les pays membres et continuons d’encourager la poursuite des efforts visant à améliorer la représentation des régions et des femmes au sein du personnel du FMI. Nous réaffirmons qu’il importe de renforcer la représentation des femmes au conseil d’administration et aux postes de direction de cet organe, et nous prendrons des mesures pour atteindre les objectifs volontaires que nous avons fixés. Toutes les candidatures doivent être sélectionnées selon les procédures fondées sur le mérite propres à chaque pays membre.
- Notre prochaine réunion devrait se tenir en avril 2027 à Washington.
COMITÉ MONÉTAIRE ET FINANCIER INTERNATIONAL
LISTE DES PERSONNES PRÉSENTES
Samedi 17 octobre 2026, Bangkok, Thaïlande
Président
Mohammed Aljadaan, ministre des Finances, Arabie saoudite
Directrice générale
Kristalina Georgieva
Membres ou suppléants
Ayman Alsayari, gouverneur de la Banque centrale saoudienne (suppléant de Mohammed Aljadaan, ministre des Finances, Arabie saoudite)
Mohammed bin Hadi Al Hussaini, ministre d’État chargé des Finances publiques, Émirats arabes unis
Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale, États-Unis (suppléant de Scott Bessent, secrétaire au Trésor, États-Unis)
Mohand Bourai, gouverneur de la Banque d’Algérie
Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada (suppléant de François-Philippe Champagne, ministre des Finances et du Revenu national, Canada)
Rosanna Costa, gouverneure de la Banque centrale du Chili
Paula Conthe, secrétaire générale du Trésor et du financement international, Espagne (suppléante de Carlos Cuerpo, premier vice-président du gouvernement et ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Entreprise, Espagne)
Mathias Alencastro, secrétaire aux Affaires internationales, Brésil (suppléant de Dario Durigan, ministre des Finances, Brésil)
Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie (suppléant de Giancarlo Giorgetti, ministre de l’Économie et des Finances, Italie)
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Conseil de stabilité financière (suppléant de John Healey, ministre des Finances, Trésor de Sa Majesté, Royaume-Uni)
Eelco Heinen, ministre des Finances, Pays-Bas
Abdul Rasheed Ghaffour, gouverneur, Banque centrale de Malaisie (Bank Negara Malaysia) (suppléant d’Anwar Ibrahim, Premier ministre et ministre des Finances, Malaisie)
Asgeir Jonsson, gouverneur de la Banque centrale d’Islande
Kazuo Ueda, gouverneur de la Banque du Japon (suppléant de Satsuki Katayama, ministre des Finances, Japon)
Karin Keller-Sutter, cheffe du département fédéral des Finances, Suisse
Lesetja Kganyago, gouverneur de la Banque centrale sud-africaine
Lars Klingbeil, ministre fédéral des Finances, Allemagne
Hyoung-il Lee, ministre fédéral des Finances, République de Corée
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, France
Louis-Paul Motaze, ministre des Finances, République du Cameroun
Taiwo Oyedele, ministre des Finances et ministre coordonnateur de l’Économie, Nigéria
Gongsheng Pan, gouverneur de la Banque populaire de Chine
Anton Siluanov, ministre des Finances, Fédération de Russie
Fatih Karahan, gouverneur de la Banque centrale de la République de Türkiye (suppléant de Mehmet Şimşek, ministre du Trésor et des Finances, République de Türkiye)
Nirmala Sitharaman, ministre des Finances et des Entreprises, Inde
Observateurs
Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI)
Elisabeth Svantesson, présidente du Comité du développement et ministre des Finances, Suède
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE)
Valdis Dombrovskis, commissaire à l’économie et à la productivité et commissaire à la mise en œuvre et à la simplification, Commission européenne (CE)
Andrew Bailey, président du Conseil de stabilité financière (CSF) et gouverneur de la Banque d’Angleterre
Sangheon Lee, économiste en chef, Organisation internationale du travail (OIT)
Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
Alexander De Croo, administrateur du PNUD, Organisation des Nations Unies (ONU)
Penelope Hawkins, cheffe du service de la dette et du financement du développement, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale
Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
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