(LETTRE D’AFRIQUE) Le Mali franchit une nouvelle étape dans la consolidation de sa politique climatique. Un atelier national de validation du document de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) 3.0 s’est tenu le 1er jeudi octobre à Bamako, avec pour objectif d’examiner et de valider les principales orientations du nouveau cadre national d’action climatique.
Placée sous la présidence de Mme Doumbia Mariam Tangara, ministre de l’Environnement et du Développement durable, la rencontre a réuni notamment le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Pr Tiémoko Traoré, ainsi que Mme Evelyne Rukundo Bamba, représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Mali, représentant les partenaires techniques et financiers. Coordonné sur le plan technique par l’Agence de l’Environnement et du Développement durable (AEDD), sous la tutelle du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le processus de révision de la CDN s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

La CDN 3.0 s’appuie notamment sur les enseignements tirés de la mise en œuvre de la CDN 2.0 ainsi que sur les contributions recueillies lors des consultations nationales et régionales. Le nouveau document accorde une place importante au renforcement de l’adaptation et de la résilience des populations face aux changements climatiques, tout en intégrant des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. L’approche retenue entend également prendre en compte les priorités propres aux différents secteurs, ainsi que les besoins du pays en matière de financement climatique, de technologies et de renforcement des capacités.
L’élaboration de la CDN 3.0 s’est appuyée sur une démarche participative. Au total, neuf concertations régionales ont été organisées à Koutiala, Kayes, San, Dioïla, Kita, Koulikoro, Bamako/Bougouni, Ségou et Mopti. Ces consultations ont permis de recueillir les priorités, les préoccupations et les propositions des acteurs locaux sur les enjeux environnementaux et climatiques. Cette démarche traduit la volonté d’intégrer davantage les réalités territoriales dans la définition des politiques climatiques nationales.
L’atelier national a réuni un large éventail d’acteurs : départements ministériels et structures techniques, collectivités territoriales, organisations de la société civile, secteur privé, organisations de femmes et de jeunes, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants des régions ayant participé aux consultations.
Cette diversité des participants vise à renforcer la cohérence et l’appropriation nationale du document. Au cours des travaux, les participants ont examiné les orientations, objectifs, cibles et mesures proposés dans la CDN 3.0. Ils ont également analysé la prise en compte des résultats de l’évaluation de la CDN 2.0 et des consultations menées à l’échelle nationale et régionale.
Au-delà de la réduction des émissions, la CDN 3.0 met particulièrement l’accent sur les capacités du Mali à faire face aux effets des changements climatiques. Le document intègre également des considérations liées à l’inclusion, au genre et à la participation des acteurs territoriaux, afin d’élargir la prise en compte des différentes catégories de la population dans l’action climatique.
Avec cette nouvelle étape, le Mali entend ainsi renforcer la cohérence de son action climatique et mieux articuler ses engagements internationaux avec ses priorités nationales de développement. La validation de la CDN 3.0 constitue donc une étape importante, mais son impact dépendra désormais de la capacité à traduire ses orientations en actions concrètes, financées et effectivement mises en œuvre dans les différents secteurs et territoires du pays.
Seyni Kassambara



