Les données de la Direction nationale de la Géologie et des Mines (DNGM) et des sociétés extractives, reprises dans le rapport ITIE-Mali 2024, confirment la place prépondérante de l’or dans l’économie minière nationale. En 2024, la production industrielle d’or déclarée s’est établie à 54,88 tonnes, témoignant de la résilience du secteur malgré un contexte marqué par les réformes du cadre minier et les défis opérationnels rencontrés par certaines compagnies.
Kayes, principal bassin aurifère du Mali
L’analyse des résultats révèle une forte concentration de la production dans la région de Kayes. Avec 43,32 tonnes d’or produites, cette région représente à elle seule 79 % de la production nationale. Ce leadership s’explique par la présence de plusieurs grandes mines industrielles qui constituent l’épine dorsale de l’industrie aurifère malienne.
Cette performance confirme le rôle stratégique de Kayes dans la création de richesse, les exportations et les recettes fiscales issues du secteur minier. La région demeure ainsi le principal moteur de la production aurifère nationale et l’un des pôles miniers les plus importants d’Afrique de l’Ouest.
Sikasso confirme sa place de deuxième région productrice
La région de Sikasso occupe la deuxième position avec une production de 10,98 tonnes d’or, soit 20 % de la production nationale. Cette contribution significative illustre le dynamisme des activités extractives dans le sud du pays et l’importance croissante des projets miniers implantés dans cette partie du territoire.
La performance de Sikasso traduit également la diversification progressive des zones de production aurifère, même si l’écart reste important avec la région de Kayes.
Koulikoro, une contribution marginale
La région de Koulikoro a enregistré une production de 0,58 tonne d’or, représentant environ 1 % de la production nationale. Bien que modeste, cette contribution témoigne de la présence d’activités minières dans cette région, dont le potentiel pourrait être davantage valorisé à travers de nouvelles campagnes d’exploration et d’investissement.
Une production nationale de 54,88 tonnes
Au total, les trois régions productrices ont généré 54,88 tonnes d’or en 2024, soit l’intégralité de la production industrielle déclarée au niveau national. Cette production continue de faire de l’or le principal produit d’exportation du Mali et l’une des premières sources de recettes en devises pour l’économie nationale.
Cependant, comparée aux performances enregistrées lors de certaines années précédentes, cette production met en évidence les défis auxquels le secteur demeure confronté, notamment les questions de maturité des gisements, les coûts d’exploitation et les exigences croissantes liées à la gouvernance minière.
L’argent, un sous-produit à forte valeur ajoutée
Outre l’or, les opérations de raffinage ont permis de récupérer 879 kilogrammes d’argent comme sous-produit de l’exploitation aurifère. La valeur marchande de cette production est estimée à 537,6 millions de francs CFA.
Bien que représentant seulement 1,6 % du volume de la production aurifère, l’argent constitue une source complémentaire de revenus pour les sociétés minières et contribue à améliorer la rentabilité globale des opérations extractives.
Une industrie toujours dominée par l’or
L’examen des données 2024 confirme que l’industrie minière malienne demeure fortement dépendante de l’or. La concentration de près de quatre cinquièmes de la production dans la seule région de Kayes illustre à la fois la puissance du secteur aurifère et la nécessité de poursuivre les efforts de diversification.
Dans un contexte où le Mali dispose d’importantes réserves de lithium, de fer, de bauxite et d’autres minerais stratégiques, les résultats de 2024 soulignent l’importance des politiques visant à élargir la base productive du secteur minier afin de renforcer la résilience de l’économie nationale face aux fluctuations des cours de l’or sur les marchés internationaux.
Par Seyni T. KASSAMBARA



