Dans un contexte marqué par la refondation de la gouvernance des ressources extractives, l’Association pour la Promotion des Métaux Précieux (APMP) a franchi une nouvelle étape en organisant un atelier de renforcement des capacités à l’intention des acteurs miniers nationaux. L’objectif est clair : permettre une meilleure appropriation du Code minier de 2023 et de la Loi relative au contenu local, deux réformes considérées comme les piliers de la nouvelle politique minière du Mali.
Placée sous la présidence du chef de cabinet du ministère des Mines, M. Yacouba Kébé, la rencontre a enregistré la présence du président de l’APMP, Boubacar Ahmadou Touré, ainsi que du Secrétaire permanent du contenu local, Alou Koïta, aux côtés de nombreux opérateurs miniers, investisseurs et représentants des entreprises nationales.
Dans son intervention, le président de l’APMP, M. Boubacar Ahmadou Touré a rappelé que le Mali demeure l’un des principaux pays miniers du continent africain grâce à l’importance de ses réserves d’or, de minéraux industriels et de pierres précieuses. Selon lui, cette richesse ne pourra toutefois devenir un véritable moteur de développement que si les entreprises maliennes occupent une place centrale dans la chaîne de valeur.
Pour Boubacar Ahmadou Touré, le Code minier de 2023 et la Loi sur le contenu local traduisent une volonté politique forte de renforcer la souveraineté économique du Mali sur ses ressources naturelles. Ces textes visent notamment à accroître la participation des entreprises nationales, des sous-traitants locaux, des fournisseurs de biens et services, des jeunes entrepreneurs, des femmes entrepreneures ainsi que des collectivités territoriales dans les projets miniers.
Il a insisté sur le fait que ces nouvelles opportunités ne pourront produire leurs effets que si les opérateurs maîtrisent parfaitement les nouvelles dispositions légales et réglementaires.
L’APMP, un acteur historique du secteur
Créée le 25 septembre 1995, l’Association pour la Promotion des Métaux Précieux est aujourd’hui l’une des plus anciennes organisations professionnelles du secteur minier malien. Forte de représentations dans l’ensemble des régions du pays, elle s’est imposée comme un cadre de référence pour la défense des intérêts des opérateurs nationaux.

Depuis plus de trois décennies, l’organisation participe activement aux réflexions sur les réformes minières, la transparence dans la gouvernance des ressources naturelles et la professionnalisation des acteurs du secteur.
Le président de l’Association a également salué le soutien apporté par les partenaires techniques, notamment Société Africaine des Mines (SAMI SA) et Fortunes Minerals Resources (FMR), dont l’accompagnement a permis la tenue de cet atelier.
Renforcer les compétences pour réussir les réformes
Au-delà de la vulgarisation des textes, l’atelier ambitionne d’offrir aux participants une meilleure compréhension des innovations introduites par le nouveau Code minier. Les échanges portent également sur les mécanismes de mise en œuvre du contenu local ainsi que sur les stratégies permettant d’améliorer la compétitivité des entreprises maliennes dans les grands projets miniers.
L’enjeu est de préparer les opérateurs nationaux à répondre aux exigences d’un secteur en pleine mutation, où la performance économique doit désormais s’accompagner d’une meilleure intégration des entreprises locales, d’une gouvernance renforcée et d’un partage plus équitable des retombées économiques.
Boubacar Ahmadou Touré a salué les réformes impulsées par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, tout en remerciant le Gouvernement pour son engagement en faveur d’un environnement juridique plus favorable aux opérateurs nationaux.
Il a également exprimé sa satisfaction après la décision présidentielle de redistribuer 18 milliards de FCFA issus du Fonds minier de développement local au profit des collectivités territoriales. Selon lui, cette mesure constitue un acte fort de justice économique qui permettra de renforcer les investissements de proximité et d’améliorer les conditions de vie des populations vivant dans les zones minières.
L’État encourage la dynamique
Prenant la parole au nom du ministre des Mines, le chef de cabinet Yacouba Kébé a salué l’initiative de l’APMP, estimant qu’elle répond aux défis actuels du secteur extractif.
Selon lui, la réussite des réformes minières passe nécessairement par une bonne compréhension des nouveaux textes par l’ensemble des acteurs. Il a souligné que les actions de sensibilisation et de formation constituent un levier essentiel pour assurer une application efficace du Code minier de 2023 et de la Loi sur le contenu local.
Cet atelier intervient à un moment où le Mali cherche à maximiser les retombées économiques de son immense potentiel minier. Longtemps orienté vers l’exportation des matières premières, le secteur s’engage désormais dans une logique de création de valeur locale.
Le Code minier de 2023 marque une rupture avec les anciens modèles en donnant davantage de responsabilités aux entreprises nationales et en imposant une participation plus importante des fournisseurs locaux dans les marchés liés à l’exploitation minière.
La Loi sur le contenu local complète cette ambition en favorisant le développement d’un tissu industriel malien capable de répondre aux besoins des sociétés minières, tout en créant davantage d’emplois qualifiés et d’opportunités pour les jeunes et les femmes.
À travers cette initiative, l’APMP confirme son rôle de partenaire stratégique de l’État dans l’accompagnement des réformes. La vulgarisation des nouveaux textes apparaît désormais comme une condition indispensable pour faire du secteur minier un véritable moteur de souveraineté économique, de création de richesses et de développement durable au bénéfice de l’ensemble des Maliens.
Par Seyni T. KASSAMBARA


