L’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives au Mali (ITIE Mali) a présenté, le 17 juin 2026 à Bamako, son rapport ITIE 2024. Premier exercice de transparence réalisé après l’entrée en vigueur du nouveau Code minier et des dispositions relatives au contenu local adoptés en 2023, ce document met en lumière une progression spectaculaire des recettes issues du secteur extractif et confirme le rôle stratégique des mines dans l’économie nationale.
Selon les données rendues publiques lors de la séance de dissémination, les recettes générées par le secteur extractif ont atteint 998 milliards de FCFA en 2024, contre 640 milliards de FCFA en 2023, soit une augmentation de plus de 350 milliards de FCFA en une année. Une performance qui témoigne de l’impact des réformes engagées par les autorités maliennes pour renforcer la gouvernance des ressources naturelles et optimiser les retombées économiques du secteur minier.
Présentant les principales conclusions du rapport, le secrétaire exécutif par intérim de l’ITIE Mali, Boureima Cissé, a rappelé la place centrale qu’occupe l’or dans l’économie malienne. « L’or a représenté près de 79 % des recettes d’exportation, environ 10 % du Produit intérieur brut (PIB) et près de 40 % de contribution au budget de l’État en 2024 », a-t-il indiqué.
Pour les responsables de l’ITIE Mali, ces résultats illustrent les effets positifs du nouveau cadre juridique adopté en 2023, lequel vise notamment à accroître la participation de l’État aux revenus miniers, à favoriser le contenu local et à améliorer la redistribution des richesses issues de l’exploitation des ressources naturelles.
Au-delà des performances financières, le rapport met également en exergue les avancées enregistrées dans le domaine de la redevabilité et de la gouvernance locale. Il apporte des informations détaillées sur la contribution du secteur extractif au financement des collectivités territoriales, au développement communautaire ainsi qu’aux relations économiques entre les sociétés minières et les fournisseurs locaux.
Présidant la cérémonie, Mme Rokiatou Arbi, conseillère technique chargée des questions fiscales, économiques et financières, a souligné la portée stratégique du document. Selon elle, le rapport regroupe des informations essentielles relatives au contexte général du secteur extractif malien, aux entreprises couvertes, aux différents types de paiements effectués, aux procédures de certification des données, ainsi qu’à la contribution du secteur à l’économie nationale.
Le document détaille également la répartition des paiements par entreprise et par administration bénéficiaire, les montants alloués aux collectivités territoriales, les dépenses de développement communautaire, les achats réalisés auprès des fournisseurs locaux, ainsi que les principaux écarts constatés et les recommandations formulées pour améliorer davantage la transparence du secteur.
La publication de ce rapport intervient dans un contexte où le Mali poursuit sa politique de valorisation de ses ressources minières afin d’accroître les retombées économiques au profit de l’État et des populations. En mettant à la disposition du public des données détaillées et vérifiées, l’ITIE Mali entend renforcer la transparence, la confiance des citoyens et le contrôle citoyen sur la gestion des revenus extractifs.
Désormais disponible, le Rapport ITIE 2024 devrait constituer un outil de référence pour les décideurs, les chercheurs, les organisations de la société civile et les médias. Les responsables de l’initiative ont d’ailleurs lancé un appel à la presse nationale afin qu’elle accompagne la vulgarisation du document et contribue à une meilleure compréhension des enjeux liés à la gouvernance des ressources naturelles au Mali.
À travers ces résultats, le secteur minier confirme plus que jamais son statut de pilier de l’économie malienne et de levier majeur de mobilisation des ressources publiques, dans un contexte marqué par la recherche de financements durables pour soutenir les ambitions de développement du pays.
Seyni T. Kassambara



