(LETTRE D’AFRIQUE ) Dans un contexte marqué par la transformation des économies africaines et l’accélération de l’intégration commerciale, les solutions alternatives de financement gagnent en importance. C’est dans cette dynamique que la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) et FCI organiseront les 15 et 16 avril 2026 à Kampala, en Ouganda, la Conférence régionale africaine sur l’affacturage, le financement des créances et l’assurance-crédit. L’objectif est de promouvoir des mécanismes innovants capables de soutenir le commerce et de répondre aux besoins de liquidités des entreprises, notamment des PME.
Placée sous le thème « Au-delà des prêts traditionnels : l’essor continu de l’affacturage et du financement de la chaîne d’approvisionnement en Afrique », la rencontre réunira des représentants d’institutions financières, d’organismes de financement du développement, d’assureurs, de régulateurs et d’acteurs publics. Les échanges porteront sur les outils permettant d’améliorer l’accès au fonds de roulement et de renforcer les écosystèmes financiers du continent.
L’affacturage, un levier stratégique pour les PME africaines
Alors que l’Afrique s’oriente vers la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’accès au financement du commerce reste un défi majeur. L’affacturage, le financement des créances et l’assurance-crédit apparaissent désormais comme des instruments essentiels pour combler le déficit de financement, en particulier pour les petites et moyennes entreprises.
Selon Mme Kanayo Awani, Vice-présidente exécutive d’Afreximbank chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations, « l’affacturage n’est pas seulement une alternative, c’est une nécessité pour les entreprises africaines qui ont besoin de liquidités immédiates pour rester compétitives ». Cette approche permet aux entreprises de transformer leurs créances commerciales en fonds de roulement, facilitant ainsi leur participation au commerce régional et international.
Un dialogue sur les cadres réglementaires et la numérisation
La conférence de Kampala servira de plateforme de dialogue de haut niveau sur le rôle croissant de ces instruments financiers. Les discussions aborderont notamment le développement des marchés, les cadres juridiques et réglementaires, la digitalisation des solutions de financement, ainsi que les mécanismes d’assurance-crédit.
L’enjeu est également de favoriser la mise en place de solutions durables à grande échelle, capables de soutenir la croissance des entreprises et d’améliorer la liquidité dans les chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, les institutions financières africaines cherchent à diversifier leurs offres pour compléter les modèles de prêts traditionnels, souvent jugés insuffisants pour répondre aux besoins des PME.
Un outil pour stimuler le commerce intra-africain
L’affacturage et le financement de la chaîne d’approvisionnement sont de plus en plus reconnus comme des catalyseurs du commerce intra-africain. En facilitant l’accès au financement, ces mécanismes permettent aux entreprises d’honorer leurs engagements commerciaux, d’élargir leurs marchés et de renforcer leur compétitivité.
Mme Betül Kurtuluş, Secrétaire générale adjointe de FCI, souligne que le développement de ces instruments dépend d’un dialogue concret entre les acteurs du marché, les régulateurs et les institutions. Elle estime que la conférence constitue une occasion stratégique d’examiner les conditions nécessaires à l’expansion de ces solutions à l’échelle régionale.
Vers un renforcement des écosystèmes financiers africains
Au-delà des discussions techniques, l’événement offrira une opportunité d’échanges d’expériences et de création de partenariats stratégiques. Les participants pourront partager les bonnes pratiques, renforcer la coopération et promouvoir des solutions adaptées aux réalités du continent.
Par cette initiative conjointe, Afreximbank et FCI réaffirment leur engagement à soutenir le développement des marchés financiers africains et à promouvoir des instruments innovants pour dynamiser le commerce. Dans un contexte où l’accès aux financements demeure un frein majeur à la croissance, l’essor de l’affacturage apparaît comme une voie prometteuse pour renforcer la compétitivité des entreprises africaines et accélérer l’intégration économique du continent.



