(LETTRE D’AFRIQUE) En marge des Olympiades des Métiers de Guinée 2026, où le Mali est à l’honneur, la Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Madame Oumou Sall Seck, a multiplié les initiatives en faveur d’un renforcement structuré de la coopération bilatérale. Sa visite, aux côtés de son homologue guinéen Alpha Bacar Barry, de deux centres de formation professionnelle emblématiques de Conakry le Centre Camara Laye de Donka, issu du modèle « chantier-école », et le complexe BTP de Nongo s’inscrit dans une démarche d’apprentissage croisé et de partage d’expériences.
À travers ces visites de terrain, les autorités maliennes ont pu apprécier des dispositifs de formation axés sur la pratique et l’employabilité. Le modèle du « chantier-école », en particulier, illustre une approche intégrée combinant formation technique et immersion professionnelle, susceptible de répondre efficacement aux défis d’insertion des jeunes.
Cette immersion a permis de mettre en lumière une convergence stratégique entre Bamako et Conakry : faire de la formation technique et professionnelle un levier central de développement durable et de souveraineté économique. Dans des économies confrontées à un chômage structurel des jeunes, l’accent mis sur les métiers apparaît comme une réponse pragmatique aux besoins du marché.

À l’issue des visites, Madame Oumou Sall Seck a salué l’engagement des plus hautes autorités des deux pays, notamment le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, et son homologue guinéen, le Général Mamady Doumbouya. Elle a mis en avant leur vision commune, axée sur la valorisation du capital humain et le renforcement des capacités nationales.
Cette reconnaissance traduit l’importance accordée au pilotage politique de ces réformes, condition essentielle pour assurer leur cohérence et leur pérennité. Elle souligne également la dimension stratégique de la coopération Mali-Guinée, appelée à s’intensifier dans les domaines de la formation et de l’emploi.
Le plaidoyer de la ministre malienne en faveur d’une « mise en commun des expériences, des expertises et des efforts » illustre une évolution notable des paradigmes de coopération en Afrique de l’Ouest. Loin des approches descendantes, cette dynamique privilégie désormais le partage de solutions endogènes et l’adaptation aux réalités locales.
La visite des stands des Olympiades, en amont, a d’ailleurs offert un aperçu concret des savoir-faire et des innovations portés par les jeunes talents guinéens et maliens. Le thème de cette édition 2026, « Le pouvoir des métiers : révéler les talents, promouvoir l’excellence », résonne ainsi comme un appel à investir durablement dans les compétences.

Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu réside désormais dans la traduction opérationnelle de cette volonté politique. La mutualisation des efforts pourrait se matérialiser par des programmes conjoints de formation, des échanges d’experts, ou encore la mise en place de référentiels communs adaptés aux besoins des économies locales.
Dans un contexte régional marqué par des défis socio-économiques persistants, cette coopération renforcée entre le Mali et la Guinée apparaît comme une opportunité stratégique. Elle pourrait contribuer à structurer des écosystèmes de formation plus performants, capables de soutenir une croissance inclusive et de répondre aux aspirations d’une jeunesse en quête d’opportunités.
En définitive, la participation active du Mali aux Olympiades des Métiers de Guinée dépasse le cadre symbolique pour s’inscrire dans une logique de co-construction, où la valorisation des compétences devient un pilier central de l’intégration et du développement régional.
Par Seyni T. KASSAMBARA



