La campagne du Hadj 2026 est officiellement entrée dans sa phase opérationnelle avec l’arrivée des premiers contingents maliens à Médine. Entre innovations organisationnelles, digitalisation des procédures, renforcement des mesures de sécurité et amélioration de l’encadrement des pèlerins, les autorités maliennes affichent leur volonté de faire de cette édition le pèlerinage mieux structuré et plus fluide. A l’émission ‘’L’Invité de la Semaine’’ sur l’ORTM, le Directeur Général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, a dressé un état des lieux détaillé des préparatifs et des avancées enregistrées dans le cadre du Hadj 2026.
Sidiki Dembelé ORTM: Les premiers contingents de la filière gouvernementale, tout comme de la filière privée, sont déjà arrivés à Médine depuis mardi dernier et les autres suivent selon un calendrier bien précis établi par la direction générale de la maison du Hadj.
Monsieur le Directeur Général de la maison du Hadj parler nous des préparatifs, des innovations et surtout de toutes les initiatives prises par les autorités pour assurer un déroulement sécurisé et ordonné du pèlerinage. Vous en êtes à quelle phase aujourd’hui et comment ça se passe ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Alhamdoulillah rabbil alamin, tout d’abord, je tiens vraiment à vous remercier et à remercier aussi nos téléspectateurs qui sont en train de nous regarder un peu partout dans le monde.
Merci beaucoup et merci à toute l’équipe de l’ORTM. La campagne du Hadj 2026 est lancée depuis 2025. Depuis le 14 juillet 2025, la campagne du Hadj 2026 nous avons commencé les inscriptions, nous avons commencé à établir les contrats, les opérations ont commencé, les réunions, les préparatifs jusqu’à finir avec les visas le 31 décembre 2025. Certes, il y a eu beaucoup des difficultés mais Alhamdoulillah, Dieu merci, nous avons quand même respecté le chronogramme saoudien qui dictait d’inscrire tous nos pèlerins d’ici fin 2025, le 31 décembre 2025, ça s’est très bien passé.
Et aujourd’hui, nous pouvons dire que tout s’est très bien passé. 99% de nos pèlerins ont déjà leur visa, les contrats sont faits et les opérations sont en cours. Les pèlerins ont déjà commencé avec un calendrier très bien déterminé à tous les niveaux. Dieu merci, nous pouvons dire qu’aujourd’hui les pèlerins n’ont pas de problèmes de façon générale grâce à l’implication des plus hautes autorités qui nous ont accompagnés depuis le début. Parce que ce n’était pas facile au Mali de dire que vraiment nous allons terminer le Hadj 2026 qui va se dérouler au mois de juin et finir cela au mois de décembre 2025. 6 ou 7 mois à l’avance, ce n’était pas facile mais Dieu merci, Alhamdoulillah, nous avons quand même réussi et nous allons continuer toujours à améliorer, même s’il y a toujours des manquements.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors, il y a 90% qui ont déjà eu leur visa, j’imagine que les 10% qui restent auront leur visa avant leur départ ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Bon, nous pouvons mettre maintenant les 10 autres ou moins dans le cas de force majeure, c’est-à-dire des cas de maladie, des cas de décès, des gens qui ne sont pas en mesure d’accomplir le Hadj. Donc c’est dans ce cadre-là qu’il y a d’autres qui vont quand même s’absenter. Sinon, à 100%, les 13 323 pèlerins maliens, les contrats sont déjà faits, nous avons fini avec ça.
Là, il faut quand même souligner qu’au mois de mars 2026, il y avait des problèmes de contrats d’hébergement pour les privés, le gouvernement de la transition a accompagné la maison du Hadj à travers le ministre des affaires religieuses, du culte et des coutumes, Dr. Mahamadou Oumar Koné, qui s’est impliqué personnellement pour trouver une solution pour 5088 pèlerins maliens qui n’avaient pas de contrat alors que la date était dépassée.
Sidiki Dembelé ORTM: C’était quoi le problème exactement ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Il y a une date pour faire le contrat des pèlerins donc la date limite pour faire ce contrat-là était dépassée, du coup le système est fermé, on doit attendre l’année prochaine. Nous nous sommes retrouvés avec 5000 pèlerins maliens qui ne devraient pas faire le Hadj 2026. Mais avec l’implication de son excellence Dr. Mahamadou Koné et du gouvernement de la transition, cela s’est réglé, nous pouvons dire qu’aujourd’hui tous ces pèlerins-là ont leur visa et ont déjà commencé à aller faire leur Hadj, présentement ils sont à Médine.
Sidiki Dembelé ORTM: On a combien de pèlerins au total, filière gouvernementale et filière privée ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Au total, nous avons 13 323. Sur les 13 323, 2 000 c’est la filière gouvernementale et 11 323 pour les privés.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors les premiers convois de la filière gouvernementale sont sur place, nous avons déjà 3 convois, et la filière privée aussi ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Nous avons déjà environ 9 convois qui sont déjà arrivés à Médine. Voilà, 6 convois de la filière privée et 3 convois de la filière gouvernementale. Et nous allons terminer avec l’ensemble des opérations des phases allées le 13 mai, les deux filières confondues : filière privée et filière gouvernementale.
Sidiki Dembelé ORTM: Il y a des pèlerins mais aussi des accompagnateurs, ce qu’on appelle les délégués, vous avez 133 délégués. Quel est leur rôle concrètement ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Les délégués c’est la commission nationale d’encadrement. C’est pour vraiment faciliter le Hadj pour les pèlerins. Vous savez très bien que pour les pèlerins au Mali, la majorité de nos pèlerins sont des personnes âgées qu’il faut encadrer.
Et surtout que l’opération se passe dans un lieu où il y a beaucoup de personnes. Donc il faut les assister, les encadrer leur faciliter le Hadj. Avant cela, il y a eu la formation. Ils ont d’abord formé les pèlerins et les ont assistés. Il y a aussi beaucoup d’autres commissions : la commission nationale d’encadrement, la commission des transports qui assure la logistique des transports des pèlerins à partir de la maison du Hadj jusqu’à Médine, de Médine à la Mecque, de la Mecque à Mina, Arafat, Muzdalifah. Les pèlerins se déplacent à ce lieu-là.
Donc il faut quand même les assister. Il y a une commission transport qui s’occupe de cela, il y a aussi une commission religieuse pour les rites pour expliquer tout ce qui va se passer aux pèlerins sur les lieux saints. Il y a aussi la commission hébergement pour accueillir les pèlerins et les installer dans les chambres. Il y a aussi une autre commission de sécurité pour assurer la sécurité totale de nos pèlerins, que ce soit à la maison du Hadj ou à la Mecque, Mina, Arafat, Muzdalifah. Donc vraiment, le rôle de la commission nationale d’encadrement et des délégués, c’est d’assister les pèlerins et de faciliter le Hadj à tous ses niveaux.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors, en parlant de transport, il y avait quand même un sérieux problème avec la filière privée avec une compagnie aérienne qui avait désisté à la dernière minute pour le transport des pèlerins. Est-ce que tout est rentré dans l’ordre maintenant ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Alhamdoulillah Rabbil Alamina, nous pouvons dire qu’aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre, tout va bien grâce à vraiment l’implication des plus hautes autorités qui nous ont soutenus et accompagnés, qui se sont impliqués pour trouver la solution.
Parce que ça concerne 4004 pèlerins de la filière privée et plus de 100 agences qui étaient concernées. Le problème, c’était la situation que vous connaissez dans le monde actuel, l’augmentation des kérosènes partout. Parce que le coût a doublé, triplé, quadruplé. C’est connu de tout le monde. Dans ce cadre-là, la compagnie a demandé aux agences privées maliennes de payer la différence et c’est beaucoup, c’est environ 300 dollars par pèlerin. Quand vous allez multiplier par 4004 pèlerins, c’est beaucoup d’argent. C’est plus de 1 million de dollars.
Mais avec l’accompagnement des plus hautes autorités qui nous ont toujours demandé de servir nos compatriotes sans faire de différence entre les religions, et de s’impliquer. Nous sommes entrés en contact avec les Égyptiens à travers l’ambassade et à travers la compagnie aérienne EgyptAir pour trouver la solution.
Aujourd’hui, nous pouvons dire que tous ces détails sont derrière nous, les pèlerins ont déjà commencé à quitter le Mali pour les lieux saints. Le premier vol EgyptAir est déjà arrivé à Médine, le deuxième est en cours, le troisième va suivre. C’est environ 13 vols qui sont déjà programmés avec un chronogramme détaillé, terminé et géré à 100%.
Sidiki Dembelé ORTM: Pour ce Hadj 2026, il y a eu quand même de nouvelles mesures édictées par les autorités saoudiennes, la carte Nusuk, le renforcement des contrôles, des sanctions et des amendes pour les contrevenants. Est-ce que nos pèlerins sont suffisamment informés sur ces nouvelles mesures-là ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Je pense que nos pèlerins sont suffisamment informés. Parce que nous avons commencé la formation et la sensibilisation pour les pèlerins depuis le 16 septembre 2025. Après tout cela, nous avons activé la sensibilisation sur les réseaux sociaux. À ce moment, nous pouvons dire que nos pèlerins sont suffisamment informés. Et nous allons continuer toujours à sensibiliser et à informer nos pèlerins. Et surtout la carte Nusuk, c’est le moment d’attirer l’attention aussi à tous nos pèlerins de faire beaucoup attention. La carte Nusuk, c’est l’identité même du pèlerin. Tout ce que le pèlerin a se trouve sur la carte Nusuk. La carte Nusuk, c’est l’identité, tu ne peux pas bouger en Arabie Saoudite, à Médine, à la Mecque, Mina, Arafat. L’accès même à Mina le Hadj est conditionné à la carte Nusuk. Donc, dans cette carte-là, on doit quand même faire beaucoup attention.
Et faire attention aussi même au document national, parce qu’il y a des pèlerins qui perdent leur document, le passeport, la carte de la maison du Hadj. Nous demandons à nos pèlerins de faire beaucoup attention et c’est ce que nous avons toujours fait. Et je profite aussi de ce micro de l’ORTM pour lancer à l’ensemble de nos compatriotes de se joindre à nous pour sensibiliser tous ceux qui vont aller au Hadj à faire beaucoup attention au document. Parce que le Hadj aujourd’hui, tout est lié au document : le document national qui est le passeport et encore la carte Nusuk en Arabie Saoudite, c’est l’identité même des pèlerins.
Sidiki Dembelé ORTM: C’est une carte vitale. Il y a eu quand même des innovations. Il y a eu aussi pour fluidifier les pèlerinages, il y a eu des réformes structurantes qui ont été introduites cette année. Est-ce que vous pouvez nous parler de ces réformes-là ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Oui, Alhamdoulillah, compte tenu de la situation sécuritaire, d’abord à la maison des Hadj, nous avons fait en sorte que la maison du Hadj ait une sécurité totale. Nous fouillons depuis à la porte. L’accès aussi est limité seulement aux pèlerins. Et c’est ce qui a fait qu’aujourd’hui, les pèlerins sont vraiment à l’aise à la maison du Hadj.
En Arabie Saoudite, c’est aussi la même chose. Nous avons fait en sorte que vraiment nos pèlerins soient en parfaite sécurité, en respectant les conditions édictées par les autorités saoudiennes en matière de sécurité. C’est-à-dire ne pas laisser les autres entrer dans nos bâtiments, nos hôtels, même dans nos tentes à Mina, Arafat, Muzdalifah. Il y a des fouilles, il y a des filtrages, il y a une sécurité totale pour mettre nos pèlerins à l’aise. Donc cela a bien marché l’année passée et nous allons continuer à améliorer cette année. Et vraiment, l’aspect sécurité, nous pouvons dire qu’aujourd’hui 80% est assuré et ça fonctionne très bien et les pèlerins sont très contents. Ils sont à l’aise avec le système mis en place.
Sidiki Dembelé ORTM: Est-ce qu’on peut dire un mot sur la répartition des quotas entre les agences de voyages, comment cela se fait ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Pour ce qui concerne la répartition des quotas, il y a eu des innovations énormes. Le gouvernement de la transition nous a quand même accompagnés pour mettre en place une plateforme nationale. Sur la plateforme nationale, l’ensemble des quotas alloués aux agences de voyages est mis sur la plateforme de façon visible et transparente pour l’ensemble. Et puis, encore c’est en fonction de l’enregistrement des pèlerins que les quotas sont donnés. Donc une agence qui arrive à inscrire 100 pèlerins, 200 jusqu’à 300. Voilà un peu le principe.
Auparavant, nous partagions les quotas comme cela entre les agences de voyages. Cela a fait en sorte qu’il y a environ 600 agences. Aujourd’hui, ça ne fait que diminuer, parce que la plateforme, c’est vraiment un moyen de donner l’opportunité aux acteurs réels qui organisent les Hadj de trouver leurs pèlerins, de les inscrire et d’obtenir les quotas sans problème.
Aujourd’hui, je pense que les acteurs sont très contents, ils sont à l’aise avec les quotas. Ce qui pose problème aujourd’hui, c’est le respect aussi des chronogrammes saoudiens et surtout le contrat, comme je vous l’avais dit, les agences de voyages ont eu les quotas sans problème. Le fait que les contrats ne sont pas signés à temps crée des problèmes. Nous ferons tout pour ne pas avoir ce genre de problème l’année prochaine, incha’Allah. Donc c’est pour vous dire que nous sommes dans l’anticipation. Au moment propice, nous allons profiter pour informer nos compatriotes.
Le Hadj a changé, nous sommes dans l’anticipation. Le Hadj 2026 est lancé depuis le 14 juillet 2025, c’est-à-dire deux semaines seulement après le retour des pèlerins de 2025. Nous sommes dans l’anticipation, ce n’est plus comme auparavant. Il faut s’inscrire vite. Il faut se renseigner vite. Il faut avoir des informations rapidement et finir avec les contrats. C’est ce qui concerne maintenant les acteurs, faire vite pour pouvoir établir le visa à temps et acquérir tout en anticipation.
Ce qui a fait qu’aujourd’hui, nous n’avons pas eu de problème de programmation des vols. Si ce n’est pas l’incidence de l’augmentation des prix compte tenu de la situation actuelle. Les programmes sont terminés et fixés depuis mars 2026. Nous avons terminé avec l’ensemble de nos programmations. Mais, compte tenu de la situation que nous vivons maintenant, l’incidence est créée mais nous avons rapidement trouvé également les solutions grâce à l’implication de nos plus hautes autorités qui sont engagées à nous accompagner.
Sidiki Dembelé ORTM: Est-ce qu’il y a aussi des réformes au niveau des visites médicales ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Oui, il y a des réformes à ce niveau, parce qu’il y a des maladies qui sont très bien déterminées. Il faut quand même faire des visites médicales pour pouvoir avoir le visa. C’est-à-dire que le visa Hadj aujourd’hui est lié à l’ensemble des visites médicales. C’est pour cela que la Direction Générale de la Santé nous accompagne dans ce sens-là pour mettre en place une équipe médicale qui se charge du volet sanitaire des pèlerins. Au jour d’aujourd’hui, nous pouvons dire que tous les pèlerins qui ont des visas sont aptes pour le Hadj et les inaptes ont été exclus selon des critères.
Sidiki Dembelé ORTM: Quels sont ces critères généralement ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Il faut être en bonne santé. Il y a beaucoup de maladies pour lesquelles il faut tout de même faire des visites médicales. Il y a des laboratoires qui sont désignés et nous faisons les visites médicales. L’examen est remis à l’équipe médicale qui va vérifier si le pèlerin est apte ou pas. S’il est apte, nous lui délivrons l’attestation d’aptitude, c’est en fonction de cela que le visa est délivré.
Sidiki Dembelé ORTM: Comment est assuré le transport des pèlerins ?
Abdoul Fatah Cissé: Cette année, le transport de nos pèlerins est assuré par deux compagnies aériennes, Egyptair et Ethiopian Airlines. La filière gouvernementale et certaines agences sont avec Ethiopian Airlines. Je les remercie pour ce qui concerne le côté Ethiopian Airlines, il n’y a pas eu de problème. Ils continuent toujours d’accompagner le Mali parce que c’est le moment où il faut rendre un grand hommage à Ethiopian Airlines. Parce que même avec les événements survenus le 25 avril dernier, c’est la seule compagnie qui n’a pas arrêté de venir au Mali même un seul jour. De même pour le Hadj, vu la situation, ils n’ont pas demandé d’augmenter les tarifs. Ce sont des efforts qu’il faut vraiment saluer.
La deuxième compagnie, c’est la compagnie Egyptair, depuis dix ans, elle est là pour le transport des pèlerins maliens dans des vols charters. Ce sont des vols qui quittent Bamako directement vers Médine. Et le retour se fait de Djeddah à Bamako, 6h30mn de vol. Donc cela repose les pèlerins. C’est pour ne pas amener nos pèlerins dans les aéroports pour attendre des heures, 3h, 4h, 5h, 6h de temps. Voilà un peu comment cela se passe.
Pour ce qui concerne la filière gouvernementale, les contrats sont validés à travers le conseil des ministres. Concernant les agences privées, c’est eux-mêmes qui signent le contrat directement à travers les opérateurs. Pour le moment, ça se passe comme ça ; c’est ce qui a amené à des difficultés parce que les contrats sont discutés et ensuite négociés individuellement. Voilà, c’est tout cela qu’il faut encore revoir dans les années à venir pour ne pas avoir ce genre de problème.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors Dr. Cissé, parlons maintenant des tarifs du pèlerinage du Hadj. Quel est le mécanisme de fixation de ces tarifs, que ce soit pour la filière privée ou la filière gouvernementale, tarifs que certains trouvent un peu élevés quand même ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Pour ce qui concerne le tarif, il faut quand même donner des explications pour que les gens comprennent. C’est-à-dire, le coût est fixé à partir des prestations en Arabie Saoudite. C’est-à-dire que nous avons des séjours à Médine et à la Mecque. Il y a aussi des transports terrestres. Et aussi des séjours de 5 jours du Hadj à Mina, Arafat, Muzdalifah et d’autres visites que nous faisons aussi pendant les 20-25 jours que nous faisons jusqu’à 30 jours à la Mecque. Et il y a aussi la restauration. Donc quand vous allez rassembler toutes ces dépenses-là, vous allez trouver que vraiment ce sont les forfaits que nous donnons à nos pèlerins, ce sont des forfaits complets. C’est-à-dire qu’il n’y a pas ceci dedans, il n’y a pas cela dedans. Donc c’est ça la différence entre notre groupe et les autres pays.
Il y a beaucoup d’autres pays, vous allez trouver qu’il n’y a pas d’hébergement dedans, ou bien il n’y a pas de restauration dedans, ou bien il n’y a pas de frais de mouton dedans, ou bien les visites médicales ne sont pas incluses dedans. Pour nous, c’est vraiment pour vous dire que c’est un forfait complet que nous offrons à nos pèlerins.
Donc nous allons quand même toujours examiner. Depuis trois ans, ce sont les mêmes coûts qui sont reconduits. Il n’y a pas eu d’augmentation ni de diminution.
Mais nous allons évaluer, incha Allah, pour 2027, voir maintenant dans quel cadre nous pouvons quand même faire des améliorations, soit en diminuant les coûts, ou bien en améliorant les conditions et les services, incha Allah. Donc cette année, le coût du Hadj pour la filière gouvernementale est de 4 166 425 FCFA. Et pour la filière privée, c’est 4 615 000 FCFA. Ce sont les mêmes coûts qui sont reconduits depuis 2023.
Sidiki Dembelé ORTM: Rappelez-nous, Monsieur le Directeur, le processus de préparation des pèlerins, même maliens, avant leur départ au pèlerinage. Vous faites un pèlerinage blanc dans la cour de la maison du Hadj, c’est ça ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, nous n’avons vraiment pas de problème. Nous avons commencé la formation huit mois avant le départ. Nous avons une formation complète. Parce qu’il faut tout expliquer aux pèlerins qui vont passer un mois en Arabie Saoudite. Il y a des services à la maison du Hadj, ce qu’on appelle les services de guichet unique. C’est-à-dire les visites médicales, les documents administratifs, la formation, comment nous organisons même la programmation des vols, la pesée des bagages… Même l’aéroport est transporté à la maison du Hadj. Tout se passe à la maison du Hadj. Les pèlerins, quand ils quittent la maison du Hadj, c’est pour rentrer directement dans l’avion.
A partir de la formation les pèlerins sont informés, sensibilisés. Ensuite, il faut informer les pèlerins de ce qui se passe à Médine, comment il faut se comporter à Médine, les visites à Médine, comment il faut se déplacer même à Médine, aller visiter les lieux saints à Médine, de quitter Médine pour la Mecque à 450 kilomètres.
Et aussi, le bus, comment prendre le bus, comment se déplacer, comment faire « omra », le rite. Donc il y a des délégués religieux pour expliquer tout cela aux pèlerins, pour qu’ils puissent vraiment réaliser leurs « Omra » d’abord dans les meilleures conditions possibles. Et ensuite, comment il faut se préparer aussi pour le grand jour qui est le jour de départ pour Mina.
Et comment il faut se comporter aussi à Mina, Arafat, Muzdalifah. Parce que nos 13 323 pèlerins se retrouveront ensemble au même endroit au même moment. Donc comment se comporter et surtout qu’il y a d’autres pays aussi, nous sommes environ 3 à 4 millions de personnes qui se retrouvent à Mina ensemble.
Se déplacer ensemble aussi à Arafat, de Arafat, nous nous déplaçons pour Muzdalifah, de Muzdalifah, après avoir passé la nuit, se déplacer aussi à Mina, rester trois jours à Mina encore. Donc tout cela, il faut expliquer ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire, les exigences saoudiennes, tout cela est expliqué aux pèlerins. Et je pense que vraiment cela a bien fonctionné, parce que la formation que nous avons commencée il y a trois ans a apporté beaucoup de fruits. Nous avons compris que nos pèlerins sont plus disciplinés qu’auparavant, surtout en matière d’hygiène.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors de toutes ces phases-là, quelles sont généralement les difficultés que vous rencontrez ? Que ce soit ici au Mali même ou bien en Arabie Saoudite ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Les difficultés que nous rencontrons vraiment c’est… naturel. Les gens veulent toujours aller vite et retourner vite, donc vraiment ce sont vraiment des difficultés que nous rencontrons à chaque fois. Mais bon, nous donnons toujours la priorité, quand même, aux femmes. Ce sont les femmes qui ont la priorité, qui vont en première ligne et qui suivent les hommes. Mais dans nos difficultés aussi, vraiment, il y a les cas des documents administratifs. Vraiment, il y a beaucoup de pertes de documents administratifs. Cela, nous le constatons.
Sidiki Dembelé ORTM: Comment gérez-vous ces aspects-là en cas de perte de documents ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Le ministre du Hadj donne toujours le pouvoir au délégué général du Hadj des produits, des documents administratifs pour les pèlerins, pour faciliter le déplacement. Pour ce qui concerne NUSUK, c’est très important. Il faut l’avoir et ne pas le perdre.
Mais pour les autres documents, nous pouvons toujours trouver des solutions à travers le délégué général. Ce qui nous tient aussi encore en difficulté, c’est toujous le côté alimentaire. Nos compatriotes sont habitués à des plats deux ou trois jours. Ils vont toujours continuer à demander des plats. Et nous continuons vraiment, nous cherchons toujours à mettre en place les plats de préférence. Mais il faut reconnaître que c’est quand même difficile. Mais nous essayons de gérer. Je pense bien qu’avec la formation, cela s’est beaucoup amélioré.
Sidiki Dembelé ORTM: Donc les pèlerins maliens veulent manger des plats locaux? Mais avez-vous des cuisiniers pour cela? Comment se fait l’alimentation ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: L’alimentation, nous amenons des cuisiniers. Et en même temps, nous essayons aussi d’initier un peu l’équipe. Parce que maintenant, ce n’est plus comme auparavant. Et surtout, quand ils veulent loger dans les hôtels, ce que nous appelons les hôtels étoilés, cela ne peut pas exiger certaines conditions. Donc nous essayons quand même de négocier avec eux pour souvent faire nos plats locaux. Pas tout le temps, mais assez souvent. Et nos pèlerins aiment beaucoup cela.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors, le programme de retour, Monsieur le Directeur, avez-vous déjà une idée du retour des pèlerins ? Y a-t-il un programme qui est préétabli ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Oui ! Le programme de retour est déjà établi, défini. Et plus encore, c’est arrêté. Le Hadj prend fin le 29 mai 2026. Donc à partir du 1er juin, nous commençons les préparatifs. Donc le premier avion quitte le 2 juin.
Du 2 juin jusqu’au 14 juin, nous terminons la phase de retour de l’ensemble de nos pèlerins. Donc maintenant, je vais rester là-bas pour beaucoup de cas, les cas de maladie, les cas où vraiment le pèlerin n’est pas en mesure de retourner vite. Donc tous ces cas-là, nous allons quand même faire l’état des lieux. Et je retourne au moins une semaine après le retour de l’ensemble de nos pèlerins pour vraiment balayer tout ce qui s’est passé là-bas et faire un rapport.
Sidiki Dembelé ORTM: Et sur place, la phase 2027 du Hadj sera également lancée juste après la fin du pèlerinage 2026 ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Traditionnellement, c’est ce qui se passe à chaque fois. Les autorités saoudiennes lancent toujours la campagne prochaine avant même la fin de la campagne en cours. C’est-à-dire, la campagne 2026 est lancée depuis que les pèlerins sont à Mina en 2025. Donc, c’est la même logique aussi pour la campagne 2026. Traditionnellement, la campagne 2026-2027 aussi sera lancée à Mina avant le retour des pèlerins pour le Hadj 2026, incha’Allah.
Sidiki Dembelé ORTM: Nous sommes pratiquement au terme de cette émission, Monsieur le Directeur. C’est le ministre même qui fait les déplacements pour accompagner les pèlerins à leur départ, le ministre des Affaires religieuses, du culte et des coutumes, Dr Mahamadou Koné. Il leur donne quoi généralement comme conseils à leur départ ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Oui, le ministre rencontre d’abord les pèlerins à l’Assemblée Générale. Après cela, au départ aussi, le ministre, symboliquement, vient accompagner les pèlerins, accompagné par d’autres collègues ministres et l’ambassadeur d’Arabie Saoudite au Mali pour leur donner des conseils. Des conseils de respecter tout ce qui est exigé par les autorités saoudiennes, des conseils donnés par les autorités saoudiennes, de respecter à la lettre, de ne pas oublier aussi le pays, de prier pour le Mali, surtout quand les pèlerins se retrouvent à Mina, à Arafat, de consacrer beaucoup de temps aux prières, des prières collectives pour le retour de la paix et la cohésion et la stabilité au Mali.
Donc, ce sont des conseils aussi qui sont suivis par les pèlerins chaque année. C’est le lieu de remercier le ministre pour son implication. Il s’est impliqué et a fait engager l’ensemble du gouvernement de la transition pour faciliter l’ensemble des opérations du Hadj, que ce soit au Mali ou en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, nous pouvons vous rassurer que tout se passe très bien, et nous n’avons pas de difficultés, nous n’avons pas de problèmes. Nous avons le soutien total de nos autorités à tous les niveaux, au Mali et en Arabie Saoudite.
Les pèlerins sont très contents, très à l’aise. Aujourd’hui, nous pouvons dire que plus de 4000 pèlerins sont déjà sur place en Arabie Saoudite, et ça se passe très bien, et ça va continuer, Inch’Allah. Le reste des vols, même aujourd’hui, il y a deux vols. Demain aussi, il y a deux vols. Et après-demain, cela va suivre jusqu’au 13 mai pour l’ensemble des pèlerins. Les 13 323 pèlerins, Inch’Allah, vont se retrouver à la Mecque à partir du 13 mai. Ils commencent à se préparer pour les grands jours, les jours de départ pour Mina, Inch’Allah. Ils feront beaucoup de prières pour les Maliens.
Sidiki Dembelé ORTM: Alors, il y a désormais, nous pouvons le dire, une organisation anticipée et digitalisée du pèlerinage. Monsieur le Directeur, quelles sont vos perspectives au niveau de la Maison du Hadj ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Nos perspectives au niveau de la Maison du Hadj, c’est vraiment que nous comptons finir avec les opérations du Hadj trois mois en avance. Finir avec nos visas. Fixer les programmes de vol. Avoir les maisons, la formation, la sensibilisation des pèlerins. Faire en sorte qu’aujourd’hui, nous puissions dire qu’il y a beaucoup d’avancées, parce que quand vous allez même autour de la Maison du Hadj avec le système mis en place, il y a eu beaucoup d’améliorations et beaucoup de fluidité. Ce que nous connaissions auparavant, les embouteillages et ce genre de choses-là, vraiment ça a beaucoup diminué cette année.
Donc, nous allons toujours continuer à améliorer et à anticiper encore plus pour le bien et la tranquillité de nos pèlerins. Vraiment, parce que tout cela est fait pour les pèlerins. Et aujourd’hui, nous pouvons dire qu’à la Maison du Hadj, les pèlerins ne sont pas fatigués comme auparavant.
Cette année et l’année passée, c’est comme si vraiment, le jour et la nuit. Vraiment, pour les pèlerins, ils sont vraiment à l’aise. Et puis encore, il n’y a pas eu de retard de vol. Et nous allons travailler là-dessus pour ne pas avoir encore de retard de vol, incha’Allah.
Sidiki Dembelé ORTM: Un conseil, un appel à lancer aux pèlerins, aux candidats, aux pèlerinages ?
Dr. Abdoul Fatah Cissé: Le conseil à l’endroit vraiment de nos pèlerins, des candidats au Hadj 2026, c’est de faire beaucoup attention aux documents administratifs. Et de prendre la carte NUSUK partout et faire beaucoup attention à ne pas la perdre. Vraiment, parce que c’est leur identité. Et de respecter aussi les consignes données par l’encadrement, que ce soit à Médine, les déplacements à la Mecque et les jours du Hadj, à Mina, Arafat, Muzdalifah. Vraiment de respecter les consignes.
Et de ne pas adopter de comportement négatif. Faire beaucoup attention aussi à l’hygiène. Et de ne pas entrer en complicité avec des gens qui veulent frauder, entrer dans le camp malien sans visa Hadj. Vraiment, parce que le visa Hadj est la seule condition pour avoir accès à nos tentes du Mali. Donc vraiment, ceux qui n’ont pas de visa, ne pas le laisser ou bien leur faciliter l’accès. Parce que ça aussi, c’est un problème majeur. Et quand quelqu’un qui n’a pas de visa Hadj entre dans le camp, cela signifie qu’il va prendre la place d’un pèlerin. Il va manger le repas d’un pèlerin. Donc, cela nous crée des problèmes.
Donc de faire beaucoup attention à cela. Vraiment, ce sont des conseils généraux que nous tenons toujours à donner à nos pèlerins. Et faire aussi attention même lors des déplacements en bus. Souvent, nous le disons à nos pèlerins.
Cela arrive souvent. Vous allez trouver qu’il y a des pèlerins qui quittent leur bus pour entrer dans d’autres bus. En Arabie Saoudite, ce n’est pas possible. Quand vous faites cela, vous bloquez les deux bus.
D’autres bus ne peuvent pas partir parce qu’il y a un manquant. Et d’autres aussi, là où vous êtes partis, vous ne pouvez pas quitter parce qu’il y a un ajout là-bas. Donc le système même est bloqué à cause de vous uniquement. Donc de faire beaucoup attention à ce genre de choses.
Ce sont des conseils que nous donnons à nos compatriotes, à nos pèlerins. De faire beaucoup attention à cela. Sur tous les documents administratifs, de faire beaucoup attention. Et de ne pas oublier aussi les prières pour le Mali, incha’Allah, quand nous allons nous retrouver. De rappeler toujours aux conseillers, à son excellence monsieur le ministre, qu’il nous demande toujours de prier pour le Mali, pour le retour de la paix et la stabilité au Mali. Merci beaucoup.
Merci, merci Monsieur le Directeur pour vos déclarations. Nous vous souhaitons, à vous et à tous nos concitoyens, un très bon pèlerinage.
Entretien réalisé par ORTM.
Transcrit par Seyni T. KASSAMBARA.



