Après une journée intense de recueillement et de prière le mardi 26 mai, passée à Arafat, suivie d’une nuit de repos à Muzdalifah, les pèlerins maliens ont entamé ce mercredi matin un des rituels les plus significatifs du Hadj : la lapidation de Satan. Ce rituel marque le début de l’Aïd-Al Adha, également connue sous le nom de fête de Tabaski, et revêt une importance particulière dans le parcours spirituel des fidèles.
La lapidation de Satan, qui se déroulera dans la vallée de Mina, est un acte symbolique puissant qui représente le rejet du mal et des tentations. Les pèlerins jettent des cailloux sur trois grandes stèles symbolisant Satan, en commémorant l’histoire d’Ibrahim (Abraham) qui, selon les croyances islamiques, a résisté aux provocations de Satan lors de sa volonté de sacrifier son fils Ismaël. Par cet acte, les pèlerins affirment leur volonté de résister aux forces du mal et de se rapprocher de leur foi.

Le choix du 27e jour du mois hégirien pour accomplir cet acte de dévotion est également un rite de passage marquant la fin de l’ichrām (l’état de sacralisation) et l’entrée dans une nouvelle phase du pèlerinage. Cette journée est empreinte de ferveur religieuse, les pèlerins étant unis par un même but spirituel : se purifier et renforcer leur engagement envers leur foi.
Le parcours des pèlerins a débuté avec un départ tôt le matin de Muzdalifah, après une nuit de repos et de prière sous les étoiles. Les pèlerins, revêtus de leurs vêtements de Ihram, ont offert des prières pour la paix, la prospérité et la santé de leurs proches restés au Mali. Ce moment de communion avec Allah renforce le sentiment d’appartenance à une communauté, transcendant les frontières et les différences individuelles.
À leur arrivée à Mina, les pèlerins ont suivi les indications des autorités saoudiennes et du personnel encadrant pour se diriger vers les lieux de lapidation. La mise en œuvre d’une logistique efficace a permis d’éviter les désagréments, permettant ainsi aux fidèles de vivre ce moment avec sérénité et recueillement.

Après avoir accompli le rituel de lapidation, les pèlerins maliens se sont désacralisés, marquant ainsi une transition vers les derniers rites de leur pèlerinage. En prévision de l’étape suivante, ils se préparent pour le Tawaf, qui aura lieu le vendredi 29 mai 2026, ainsi que le Sa’y entre les collines de Safa et Marwa, une étape essentielle pour clore le Hadj. Le Tawaf est un acte de dévotion qui consiste à circler la Kaaba, symbolisant l’unité des croyants dans leur adoration d’Allah.
Le rituel de la lapidation de Satan représente bien plus qu’un simple acte symbolique. Il offre aux pèlerins maliens l’occasion de réaffirmer leur foi, de renforcer leur résilience contre les tentations et de se préparer à entrer dans une nouvelle phase spirituelle. Alors que l’Aïd-Al Adha se profile à l’horizon, les âmes des pèlerins sont marquées par cette expérience transformative, nourrissant leurs esprits de souvenirs sacrés qui les accompagneront bien au-delà de leur retour au pays.
Les rites du Hadj rappellent l’importance de la communauté, de la solidarité et de la foi, des valeurs essentielles qui unissent les musulmans du monde entier dans cet engagement commun. Les pèlerins maliens, en particulier, retournent vers leur terre avec une nouvelle lumière et une compréhension renforcée de leur spiritualité. Le Hadj 2026, à travers ces étapes marquantes, continuera de résonner dans la mémoire collective des participants, symbolisant leur dévotion et leur aspiration à la paix et à l’harmonie.
Par Seyni T. KASSAMBARA



