(Lettre d’Afrique) À l’occasion du cinquième anniversaire de la Rectification de la Transition intervenue le 24 mai 2021, l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a livré un long message politique dans lequel il revient sur les origines de la crise malienne, le processus ayant conduit au changement de pouvoir en août 2020 ainsi que les principales orientations de la refondation engagée depuis lors.
Dans cette déclaration à forte portée politique et historique, l’ancien chef du gouvernement présente la Transition comme une réponse existentielle à une crise multidimensionnelle qui menaçait, selon lui, la survie même du Mali en tant qu’État souverain, uni et indépendant.
Dès l’entame de son message, Choguel Kokalla Maïga rappelle le rôle joué par le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) dans la mobilisation populaire ayant précédé les événements du 18 août 2020.
Selon lui, face à l’échec des tentatives de dialogue avec les autorités d’alors, le peuple malien, soutenu par une partie des Forces armées maliennes regroupées au sein du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a engagé un processus de rupture destiné à sauver l’État malien.
L’ancien Premier ministre a rendu un hommage appuyé aux victimes des manifestations des 10, 11 et 12 juillet 2020 ainsi qu’aux victimes civiles et militaires tombées dans la lutte contre le terrorisme depuis le début de la Transition.
« Comment ne pas rendre hommage à toutes les victimes civiles et militaires des attaques terroristes depuis le début de la Transition », a-t-il déclaré, saluant le sacrifice des Forces armées maliennes qu’il qualifie de « colonne vertébrale de la Nation ».
Dans son analyse, Choguel Maïga distingue clairement deux phases de la Transition. Il critique la première étape ayant suivi le changement d’août 2020, qu’il décrit comme une période de « confusion », de « navigation à vue » et d’absence d’objectifs clairs.
Selon lui, la Rectification du 24 mai 2021 a permis de réorienter la Transition grâce à un « consensus politique historique » entre le M5-RFP et le CNSP. Cette alliance entre forces civiles et militaires aurait, d’après ses propos, donné naissance à un « pacte d’honneur » visant à conduire une véritable refondation de l’État malien.
L’ancien Premier ministre présente cette phase comme le véritable point de départ du projet « Malikura », censé restaurer la souveraineté nationale et reconstruire les institutions du pays.
Une large partie du message de Choguel Maïga est consacrée à la défense de l’orientation souverainiste adoptée par les autorités de la Transition.
L’ancien chef du gouvernement affirme que le Mali a résisté à de multiples pressions extérieures, notamment de la CEDEAO, de l’UEMOA, de certaines puissances occidentales et d’organisations internationales qu’il accuse d’avoir voulu imposer au pays une forme de « vassalité ».
Revenant sur l’embargo régional du 9 janvier 2022, il estime que le peuple malien a démontré sa résilience face aux sanctions économiques et diplomatiques.
« Le Mali n’a pas courbé l’échine », affirme-t-il, soutenant que cette période a marqué un réveil des consciences souverainistes au Mali et plus largement en Afrique.
Dans cette logique, Choguel Maïga revendique les choix opérés par les autorités maliennes concernant le départ des forces militaires étrangères et de la MINUSMA. Il estime que le pays a progressivement retrouvé sa liberté de décision et sa capacité à choisir ses partenaires selon ses propres intérêts stratégiques.
Le message insiste également sur les avancées sécuritaires enregistrées depuis le début de la Transition. Choguel Maïga cite notamment la reprise de plusieurs localités du Nord, dont Kidal, Tessalit, Aguelhok, Anéfis et Ber, comme illustration du retour progressif de l’autorité de l’État.
Selon lui, ces succès sont le résultat direct de la mobilisation patriotique des Maliens et de l’engagement des Forces armées maliennes.
Il rend un hommage particulier au général d’armée Sadio Camara, présenté comme « l’artisan incontesté de la réorganisation et de la refondation de l’outil de défense », après les attaques terroristes coordonnées du 25 avril 2026.
Pour Choguel Maïga, ces attaques ne doivent pas fragiliser la cohésion nationale mais, au contraire, renforcer la détermination collective face au terrorisme.
L’AES présentée comme une nouvelle réalité géopolitique
L’ancien Premier ministre revient également sur la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), qu’il décrit comme l’une des grandes réalisations stratégiques de la Transition.
Selon lui, l’adhésion du Burkina Faso puis du Niger au projet initié avec le Mali a permis la naissance d’un nouvel espace politique et sécuritaire régional, concrétisé par la création de la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024 à Niamey.
Choguel Maïga considère désormais l’AES comme une « réalité géopolitique » appelée à devenir un espace de paix, de prospérité et de souveraineté partagée.
Il affirme que les peuples africains en quête d’émancipation observent avec attention l’évolution du Mali et de l’AES, présentés comme des symboles de résistance face aux influences extérieures.
Des critiques internes et des mises en garde
Au-delà du bilan positif qu’il dresse de la Transition, Choguel Maïga évoque également plusieurs dysfonctionnements internes et dérives qu’il estime préoccupants.
Sans citer nommément de responsables, il dénonce notamment : des « doubles jeux » et des « trahisons » ; la promotion de personnalités opposées au changement ; le recyclage d’acteurs accusés de malversations ; la marginalisation de certains acteurs historiques du M5-RFP ; des tentatives de réécriture de l’histoire récente du Mali ; ainsi que l’instrumentalisation des réseaux sociaux.
Ces critiques traduisent les tensions persistantes autour de l’orientation et de la gestion de la Transition, alors que plusieurs acteurs politiques et sociaux réclament davantage de clarté sur l’avenir institutionnel du pays.
Un appel à préserver « l’esprit de la Transition »
Dans la dernière partie de son message, Choguel Kokalla Maïga appelle les Maliens à maintenir « le cap de l’espoir » et à poursuivre la refondation engagée depuis 2021.
Pour lui, les priorités actuelles demeurent : la poursuite de la Refondation ; la résistance et la résilience ; l’union sacrée autour des FAMa ; et le renforcement de la cohésion nationale.
Il avertit également contre les divisions internes susceptibles d’affaiblir le processus en cours, estimant que « les ennemis du Mali comptent sur l’usure et le découragement des populations ».
Se disant convaincu de la victoire du Mali et des pays de l’AES face aux défis sécuritaires et géopolitiques actuels, l’ancien Premier ministre conclut son message par un appel à l’unité et à la fidélité aux idéaux de souveraineté et de dignité nationale.
« Notre meilleur juge reste le Peuple et notre allié le plus sûr, le temps », affirme-t-il, avant de lancer : « Vive le Mali éternel ! Vive l’AES ! Vive l’Afrique ! »
Par Seyni Kassambara
(Lire l’intégralité du texte) Message de l’ancien Premier ministre, Choguel Kokalla MAÏGA à l’occasion de l’an V de la Rectification de la transition (24 mai 2021- 24 mai 2026)

L’ancien Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga revient sur les grands événements qui ont abouti au changement de pouvoir en août 2020.
Ainsi, Choguel rappelle que, le Peuple malien confronté à une crise multidimensionnelle depuis deux décennies, devenue existentielle, et qui conduisait inexorablement à la disparition du Mali en tant qu’État souverain et indépendant, uni et indivisible, laïc et démocratique, a engagé une lutte patriotique portée par le Mouvement du 5 juin- Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP).
Les tentatives de trouver une solution à cette crise à travers le dialogue ont échoué. Cela a abouti au changement suite à l’intervention, le 18 août 2020, des éléments des Forces armées du Mali (FAMa) regroupés au sein du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP). Débute alors la Transition : la REFONDATION.
C’est le lieu pour Choguel de rendre un hommage mérité aux victimes des journées folles des 10, 11 et 12 juillet 2020; des jeunes, des soutiens de famille, arrachés à la vie et certains handicapés à vie.
Comment ne pas rendre aussi hommage à toutes les victimes civiles et militaires des attaques terroristes depuis le début de la Transition.
Après une première phase, faite de confusion, d’amalgames et de navigation à vue, sans objectifs clairs et précis, pilotée par des acteurs (Président et Premier ministre de la Transition), sans légitimité et étrangers à la lutte héroïque du Peuple, portée par le M5-RFP, survint, en mai-juin 2021, la rectification de la trajectoire de la Transition, ou simplement : la RECTIFICATION.
Cette deuxième phase a débuté, le 24 mai 2021, par un consensus politique historique entre les deux forces vives, civiles et militaires qui incarnaient, alors le changement, le M5-RFP et le CNSP. Ainsi fut scellé un PACTE D’HONNEUR, pour un véritable CHANGEMENT à travers une véritable Refondation du Mali, le Malikura.
Pour Choguel, pendant plusieurs années, notre pays s’est battu seul, contre tous : la CEDEAO, l’UEMOA et leurs relais intérieurs, l’Union Africaine, l’Union Européenne et une certaine Communauté Internationale. Face à l’embargo injuste, illégal, illégitime et inhumain, imposé à notre pays, le 09 janvier 2022 par la CEDEAO, le Mali n’a pas courbé l’échine pour se soumettre; comme le roseau, le peuple malien a plié sans jamais rompre. Il a refusé la résignation face à ceux qui voulaient installer la peur et la fatalité dans les cœurs et les esprits des Maliens, comme ils l’ont fait et réussi en 2012.
A ce complot international, le Mali a opposé la CONSTANCE DANS SA RÉSISTANCE ET SA
RÉSILIENCE. Certains ont voulu tuer, définitivement et pour de bon, chez les Maliens, en particulier, et chez les Africains, en général, toute idée et tout sentiment de dignité ou d’aspiration à la souveraineté. On voulait nous imposer une sorte de vassalité acceptée.
Notre peuple a dit NON !
Les ennemis du Mali avaient lamentablement échoué. Cette conquête historique ne doit jamais être oubliée, ni abandonnée. Nous sommes un peuple réfractaire à la sujétion, un peuple fier et digne, un peuple de convictions.
L’honneur et la dignité du Mali étaient en jeu. De sa situation d’Etat failli et sous tutelle, le Mali s’est progressivement redressé, a recouvré son autonomie de décision et sa liberté de choix de ses partenaires, conformément à ses propres intérêts (ces principes ont été plus tard inscrits dans l’article 34 de la Constitution du 22 juillet 2023, qui doit conduire à la 4ème République ).
Notre pays s’est séparé, adroitement, des forces militaires étrangères d’occupation (Takuba, EUCAP-Sahel, EUTEM, G5- Sahel, Barkhane), de la MINUSMA et d’autres sponsors étatiques du terrorisme, déguisés en pays partenaires du Mali. Absent depuis plus d’une décennie, de plusieurs localités, le Mali a progressivement pris les emprises, du Centre, Ber, Anéfis, Tessalit, Aguelhok et Kidal, des mains, des Groupes armés terroristes (CMA et ses alliés). Le Mali a rétabli l’unicité de la Nation, sa souveraineté et la continuité historique de ses frontières internationalement reconnues. Désormais, notre pays porte lui-même sa voix à l’ONU et dans toutes les enceintes internationales, sans parrain !
Pour l’ancien Premier ministre, Choguel Kokalla MAÏGA, toutes ces avancées remarquables, inimaginables avant la RECTIFICATION, sont le fruit de la mobilisation patriotique des citoyens maliens de l’intérieur et de la Diaspora, mais aussi le résultat de l’engagement, de la détermination sans faille et des succès de nos vaillantes FAMa, les «Monèbô Denw» !
Hommage et gloire éternelle au Peuple malien et aux FAMa, véritable COLONNE VERTÉBRALE de la Nation !
Sur l’Alliance des États du Sahel (AES), Choguel Kokalla Maïga explique le processus de sa création : « Rejoins par nos frères du Burkina Faso, en 2022, et de la République du Niger, en 2023, nous avons créé et mis sur les fonts baptismaux, ensemble, la Confédération des Etats du Sahel (AES), le 06 juillet 2024, à Niamey au Niger. Aujourd’hui nous sommes plus unis et plus forts : l’AES est devenue une entité et une réalité géopolitique qui s’est imposée. »
Pour lui, notre pays, le Mali, notre Peuple, le Peuple malien, précurseur de l’éveil des consciences un peu partout en Afrique, ne doit pas décevoir. Nous n’avons pas droit à l’échec ! Tous les regards et les espoirs des Africains épris d’émancipation, sont tournés vers le Mali et vers l’AES. Notre Confédération, l’AES, doit réussir, et servir d’exemple pour les autres peuples et pays en quête d’indépendance et de souveraineté véritables.
Ainsi, prévient-il qu’en dépit des trébuchements, des erreurs et faux pas de parcours, à savoir :
* coups-bas, doubles-jeux, trahisons ;
* promotion de personnalités étrangères et hostiles au changement avant le 18 août 2020 ;
* recyclages grossiers et promotions d’individus sulfureux ou peu recommandables, qui étaient notoirement opposés ou qui ont combattu ouvertement et publiquement le changement et le M5-RFP en 2021 et en 2022 ;
* promotion d’individus impliqués dans des malversations financières connues des Maliens ;
• propulsion et mise en selle de personnalités totalement opposées aux ANR en 2021, devenues actuellement de véritables laudateurs de circonstance ;
• promotion d’agents-doubles et de démagogues connus de longue date ;
* mise à l’écart des véritables acteurs du changement par des intimidations, des arrestations sous le couvert de procès contestables, d’emprisonnements ou par des méthodes iniques et procédés dolosifs ou spécieux ;
* reniements à répétition ;
* amalgames orchestrés ;
* tentatives malencontreuses de réécriture de l’Histoire récente du Mali, notamment, par l’oblitération, le contournement ou la subversion de certaines résolutions des ANR ;
* sponsorisation et mise en selle grossière de mercenaires et autres stipendiés des réseaux sociaux ;
• malgré les mécontentements, les manques et frustrations ;
* malgré les non-respects répétitifs de la parole donnée et des engagements pris devant le Peuple malien ;
* malgré les dénigrements gratuits, les provocations et abus de toutes sortes ;
* malgré les injustices et les colères légitimes enregistrées ici et là,
* malgré les problèmes et difficultés de tous genres ;
* mais également, face aux différentes et intenses campagnes médiatiques d’intoxication, de désinformation et de déstabilisation orchestrées contre notre pays par les organisations terroristes et leurs sponsors ;
Il reste persuadé que le Mali refusera la confiscation et la prise en otage du processus du CHANGEMENT, qui est une forte demande des Maliens, qui se sont mobilisés avant le 18 août 2020, le 24 mai 2021 et pendant les années de braise pour soutenir la Transition.
Nous devons poursuivre et amplifier la REFONDATION du Mali dans tous les domaines.
Le Mali alliera intelligemment RÉSISTANCE et RÉSILIENCE constructives dans la durée.
Notre pays renforcera et diversifiera ses relations d’amitié et de coopération mutuellement avantageuses avec tous les peuples qui nous respectent. Surtout, nous ne nous trompons ni de combat ni d’adversaires véritables ! Ce serait commettre une erreur stratégique », conseille-t-il.
Pour Choguel Kokalla Maïga, la Transition est notre enfant, votre enfant ! « Vous êtes, nous sommes, pères et mères de la Transition. Les pères et mères, jamais, n’abandonnent, ni ne renient leur enfant, surtout quand ce dernier est dans les difficultés ! Aucun acteur ne doit prendre sur lui la lourde responsabilité de faire courir au Mali un risque semblable à la situation de ce pays africain qui, après avoir passé, en 2019, par l’euphorie révolutionnaire d’un peuple croyant avoir réussi la « démocratie» et à prendre son destin en main, se trouve aujourd’hui confronté, en 2026, à la plus grande catastrophe humanitaire au monde. Et cela est connu de tous à présent, à cause des déviations par rapport aux objectifs initiaux de la «révolution», déviations engendrées par la soif de pouvoir et les ambitions personnelles de certains acteurs qui ont cru naïvement qu’il suffisait d’avoir les armes à feu pour s’imposer et réussir. »
Il est persuadé que la lutte du Mali résulte d’un combat existentiel, patriotique, noble et juste, c’est pourquoi la victoire de notre peuple, et celle de nos frères de l’AES, est sûre et certaine.
De zones de conflits armés, de violences et de confrontations de tout genre, l’AES est appelée à devenir un espace de paix et de prospérité partagée pour ses populations.
Il est convaincu que la campagne terroriste, multiforme, savamment orchestrée actuellement contre notre espace géographique, connaîtra son épilogue en faveur de nos peuples, In sha Allah !
Les attaques terroristes coordonnées et simultanées du 25 avril 2026, qui ont occasionné l’assassinat de feu général d’armée Sadio Camara, l’un des valeureux officiers de nos FAma, l’artisan incontesté de la Réorganisation et de la Refondation de notre outil de défense, plutôt que de nous décourager, de nous intimider, doivent renforcer notre cohésion interne et notre détermination à vaincre l’adversité.
Il prévient que les ennemis du Mali, les terroristes, leurs sponsors, alliés et complices comptent sur l’usure et l’épuisement des FAMa; sur le découragement, la résignation, la démobilisation ou une révolte des populations pour atteindre leur objectif final. Ils échoueront, in sha Allah!
Choguel Kokalla Maiga invite donc avec insistance, l’ensemble des citoyens et amis du Mali à maintenir le cap de l’espoir, de l’espérance et de l’optimisme quant à l’avenir de notre pays.
Pour lui, les priorités du moment doivent être :
* la poursuite et l’amplification de la Refondation ;
* la résistance et la résilience dans la durée ;
* l’Union sacrée autour de nos FAMa ;
* le renforcement de la Cohésion nationale.
Enfin, pour l’ancien Premier ministre : « notre meilleur juge reste le Peuple et notre allié le plus sûr, le temps ! » ;
« In fine, le Peuple malien et ses frères de l’AES vaincront. »
Vive le Mali éternel !
Vive l’AES !
Vive l’Afrique !
Bamako, le 23 mai 2026 Équipe Com/PM Choguel



