(LETTRE D’AFRIQUE) À l’occasion de la célébration du 63e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), commémoré ce 25 mai 2026, l’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a livré un message politique centré sur l’avenir du panafricanisme, la souveraineté africaine et les défis sécuritaires auxquels le continent demeure confronté.
Dans cette déclaration, l’ancien chef du gouvernement rend hommage aux pères fondateurs de l’unité africaine tout en dressant un regard critique sur le fonctionnement actuel de l’Union Africaine (UA), qu’il appelle à se réformer profondément face aux mutations géopolitiques et aux attentes des peuples africains.
Pour Choguel Kokalla Maïga, la date du 25 mai représente bien plus qu’une simple commémoration historique. Elle constitue, selon lui, « un rendez-vous avec notre conscience historique » et rappelle l’engagement ancien du Mali en faveur de l’unité africaine.
L’ancien Premier ministre souligne que le panafricanisme demeure inscrit dans l’ADN politique du Mali depuis l’indépendance. Il rappelle que les différentes constitutions maliennes ont toujours consacré l’idéal de l’unité africaine comme un objectif fondamental de la Nation.
Dans son message, il rend un hommage appuyé aux figures historiques ayant porté le projet panafricain dès les premières années des indépendances africaines. Il cite notamment l’empereur Haïlé Sélassié Ier, Kwame Nkrumah, Gamal Abdel Nasser ainsi que le premier président du Mali indépendant, Modibo Keïta.
Selon lui, ces dirigeants avaient compris très tôt que l’Afrique devait s’unir pour préserver sa dignité et résister aux formes de domination extérieure.
L’ancien Premier ministre revient également sur la transformation de l’Organisation de l’Unité Africaine en Union Africaine en 2002 à Durban.
Il rappelle que cette mutation visait à adapter les institutions continentales aux nouveaux défis du continent, notamment après la fin des luttes de décolonisation et de l’apartheid.
Choguel Maïga souligne que l’Union Africaine s’est construite autour du principe de « non-indifférence », remplaçant progressivement la doctrine de « non-ingérence » qui caractérisait l’ancienne OUA. Cette évolution devait permettre à l’organisation continentale d’intervenir face aux crises graves, aux conflits internes et aux atteintes aux droits fondamentaux.
Cependant, l’ancien chef du gouvernement estime que les ambitions portées par l’Agenda 2063 de l’Union Africaine restent aujourd’hui confrontées à de profondes difficultés structurelles.
Dans son analyse, Choguel Kokalla Maïga évoque un décalage croissant entre les objectifs affichés par l’Union Africaine et les réalités vécues par les populations africaines.
Il cite notamment: la persistance du terrorisme et de l’insécurité; les crises politiques récurrentes; les difficultés économiques; les défis climatiques; ainsi que les pressions démographiques.
Selon lui, ces problématiques révèlent les limites actuelles du système continental et alimentent une forme de paralysie institutionnelle.
L’ancien Premier ministre considère également que les critiques souvent adressées aux transitions politiques dans certains pays africains doivent être replacées dans un contexte plus large de crise des institutions et de perte de confiance des populations envers certains modèles de gouvernance.
Dans son message, Choguel Kokalla Maïga accorde une place centrale à la situation du Mali et à l’évolution récente de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Selon lui, les difficultés sécuritaires auxquelles fait face le Mali ont mis en évidence les insuffisances des mécanismes traditionnels de solidarité continentale.
L’ancien Premier ministre estime que l’Union Africaine s’est parfois éloignée des préoccupations réelles des peuples africains en privilégiant des approches jugées trop technocratiques ou influencées par des intérêts extérieurs.
À l’inverse, il présente l’AES comme l’expression d’un « panafricanisme des peuples », fondé sur la souveraineté politique, sécuritaire et économique.
Pour Choguel Maïga, cette orientation souverainiste ne constitue pas un rejet de l’idéal africain, mais plutôt une tentative de refondation du projet panafricain autour de l’autonomie stratégique des États africains.
« Le véritable panafricanisme commence par la reconquête de notre souveraineté », affirme-t-il, estimant qu’aucune intégration continentale durable ne peut se construire dans la dépendance.
Dans la dernière partie de son message, l’ancien Premier ministre appelle l’Union Africaine à « opérer sa propre mue » afin de retrouver, selon lui, sa vocation première de défense des intérêts des peuples africains.
Il exhorte également la jeunesse africaine à s’approprier l’héritage politique des figures historiques du panafricanisme, notamment celui de Modibo Keïta.
Insistant sur la nécessité de préserver la cohésion nationale et le soutien aux forces de défense et de sécurité, Choguel Kokalla Maïga estime que « l’histoire s’écrit aujourd’hui dans la résistance et dans la résilience ».
Convaincu que les dirigeants africains actuels et futurs sauront relever les défis liés au terrorisme, au développement et à la souveraineté, il conclut son message par un appel à l’unité africaine et à la solidarité entre les peuples du continent.
« Vive le Mali souverain ! Vive l’Alliance des États du Sahel ! Que vive l’Afrique unie et solidaire », a-t-il déclaré depuis Bamako.
Par Seyni Kassambara
(Lire l’intégralité du texte) Message de l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga à l’occasion de la célébration du 63ème anniversaire de l’unité africaine – 25 mai 1963-25 mai 2026 –
En ce jour mémorable du 25 mai 2026, notre continent, l’Afrique célèbre le 63ème anniversaire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis-Abeba. Pour notre pays, le Mali, cette date n’est pas une simple commémoration. Elle est un rendez-vous avec notre conscience historique. L’engagement pour l’unité africaine est une obligation sacrée, inscrite en lettres d’or dans toutes nos Constitutions depuis 1963. En effet, notre Patrie a toujours été prête à sacrifier tout ou partie de sa souveraineté pour la réalisation de cet idéal Panafricain.
Soixante-trois ans plus tard, pour l’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, il est un devoir de rendre un hommage solennel et vibrant aux 32 pères fondateurs de notre unité continentale. Il s’incline devant la mémoire de ces grands visionnaires : l’Empereur Haïlé Sélassié Ier, le héraut du panafricanisme Kwame Nkrumah, le digne Gamal Abdel Nasser et, bien sûr, notre illustre compatriote parmi les illustres pionniers bâtisseurs, le président Modibo Keïta.
Ces hommes d’État avaient compris que face aux appétits impérialistes, l’Afrique devait s’unir ou périr. Ils ont brisé les chaînes du colonialisme et tracé la voie de la dignité.
L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) est devenue, le 9 juillet 2002, à Durban, l’Union Africaine (UA) principalement parce que ses missions d’origine étaient accomplies et que ses structures juridiques étaient impuissantes face aux crises internes du continent : la fin de la décolonisation et de l’apartheid, l’échec face aux conflits internes et aux génocides, le besoin d’une intégration économique face à la mondialisation et la volonté politique de renouveau (L’impulsion de Syrte).
L’acte constitutif de l’Union Africaine a remplacé la notion de « non-ingérence » par celle de « non-indifférence », donnant le droit à l’UA d’intervenir militairement dans un État membre en cas de crimes de guerre, de génocides ou de coups d’État.
Pourtant, le constat actuel exige de la lucidité. Aujourd’hui, force est de constater le contraste flagrant entre les promesses de l’Agenda 2063 et la réalité de nos peuples. L’idéal panafricain se heurte à des crises structurelles profondes. L’impasse sécuritaire et le terrorisme endeuillent nos campagnes. Le recul démocratique tant décrié par les salons feutrés n’est que la conséquence directe de la faillite d’institutions déconnectées des réalités populaires. Face aux urgences économiques, climatiques et démographiques, l’UA souffre d’une paralysie institutionnelle chronique, estime l’ancien Premier ministre.
Selon Choguel Kokalla Maïga notre pays, le Mali, est hélas devenu l’épicentre de ces contradictions. Alors que nous faisons face à une agression terroriste lâche et multiforme, force est de constater que les mécanismes traditionnels de solidarité africaine ont failli. L’UA s’est trop souvent transformée en un instrument de coercition contre les peuples en lutte pour leur dignité, plutôt qu’en un bouclier contre l’insécurité.
C’est pourquoi son message est aujourd’hui un plaidoyer solennel pour un panafricanisme des peuples, et non des technocrates. Le Mali, à travers l’Alliance des États du Sahel (AES) aux côtés du Burkina Faso et du Niger, montre une nouvelle voie. Ce choix souverainiste n’est pas un rejet de l’unité africaine, mais sa refondation nécessaire. Le véritable panafricanisme commence par la reconquête de notre souveraineté sécuritaire, politique et économique. On ne s’unit pas dans la faiblesse ou la dépendance extérieure.
L’ancien Premier ministre Choguel Kokalla Maïga appelle l’Union Africaine (UA) à opérer sa propre mue. Elle doit cesser d’être une caisse de résonance des puissances étrangères pour redevenir le sanctuaire de la liberté africaine. Il exhorte la jeunesse malienne et africaine à s’approprier l’héritage de Modibo Keïta et de ses pairs.
Restons debout, résilients et unis derrière nos forces de défense et de sécurité. L’histoire s’écrit aujourd’hui dans la résistance et dans la résilience.
L’ancien Premier ministre Choguel Kokalla MAIGA se dit convaincu que les dirigeants actuels et futurs sauront relever les défis qui assaillent encore le continent: le terrorisme, le non développement.
Vive le Mali souverain !
Vive l’Alliance des États du Sahel !
Que vive l’Afrique unie et solidaire.
Bamako, le 25 mai 2026
Équipe Com/PM Choguel



