Le Conseil national de Transition (CNT) a franchi une étape importante dans le processus de modernisation de l’administration publique malienne en adoptant, à l’unanimité, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance relative au nouveau Statut général des fonctionnaires. Réunis en séance plénière le jeudi 21 mai 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les 124 membres présents ont voté en faveur du texte sans aucune opposition ni abstention.
Présidée par le Général de corps d’armée Malick Diaw, cette session marque un tournant dans la réforme de la Fonction publique engagée par les autorités de la Transition. Le texte adopté vient consacrer plusieurs innovations sociales et administratives destinées à adapter le fonctionnement de l’État aux réalités contemporaines du monde du travail.
Le nouveau Statut général des fonctionnaires concerne les agents de l’État ayant vocation à occuper de manière permanente les emplois administratifs publics ainsi que les fonctionnaires stagiaires. À travers cette réforme, les autorités entendent instaurer un cadre juridique plus cohérent, plus moderne et mieux adapté aux exigences actuelles de gouvernance publique.
Le projet de loi ratifie officiellement l’ordonnance prise le 02 mars 2026 et harmonise plusieurs dispositions relatives à la carrière des agents publics, à leurs droits sociaux ainsi qu’aux mécanismes de gestion administrative.
Selon les explications fournies lors des débats parlementaires, ce nouveau texte vise à renforcer la protection sociale des fonctionnaires tout en améliorant l’efficacité de l’administration publique malienne.

Parmi les principales innovations introduites figure l’instauration d’un congé de paternité de sept jours. Cette mesure, inédite dans la Fonction publique malienne, est perçue comme une avancée importante dans la reconnaissance du rôle parental et dans la promotion de l’équilibre familial au sein de l’administration.
Le texte prévoit également un allongement du congé de maternité, désormais fixé à quatorze semaines. Cette disposition renforce la protection des femmes fonctionnaires et traduit une volonté d’améliorer les conditions sociales liées à la maternité dans les services publics.
Autre nouveauté majeure : la possibilité pour les fonctionnaires d’être détachés auprès des autorités administratives indépendantes. Cette mesure ouvre de nouvelles perspectives de mobilité professionnelle et contribue à diversifier les parcours administratifs des agents publics.
Le nouveau Statut fixe par ailleurs une limitation de la disponibilité à dix années cumulées. Cette disposition vise à mieux encadrer certaines pratiques administratives et à renforcer une gestion plus rigoureuse des ressources humaines de l’État.
Le texte adopté introduit également une innovation importante concernant le départ à la retraite des fonctionnaires. Désormais, une indemnité de départ à la retraite est prévue afin d’aligner davantage le régime applicable aux agents de l’État sur celui des travailleurs du secteur privé régis par le Code du travail.
Cette mesure est largement interprétée comme un effort d’équité sociale visant à réduire certaines disparités entre les secteurs public et privé. Pour plusieurs analystes, cette harmonisation pourrait contribuer à renforcer l’attractivité de la Fonction publique tout en améliorant les conditions de fin de carrière des agents de l’État.
Le nouveau Statut précise également que les statuts particuliers ne pourront déroger aux dispositions du Statut général des fonctionnaires. Une précision jugée essentielle pour garantir une meilleure cohérence juridique et éviter les contradictions entre les différents corps administratifs.
Le projet de loi a été présenté et défendu devant les conseillers nationaux par le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly. Au cours des échanges, le ministre a souligné la nécessité d’adapter le cadre réglementaire de la Fonction publique aux nouvelles exigences de gouvernance administrative et aux attentes sociales des travailleurs de l’État.
Il a également rappelé la volonté des autorités de la Transition de poursuivre les réformes institutionnelles engagées dans plusieurs secteurs stratégiques du pays.
L’adoption de ce nouveau Statut général des fonctionnaires intervient dans un contexte marqué par les importantes réformes conduites sous l’autorité du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
Pour de nombreux observateurs, cette réforme constitue une étape majeure dans le chantier de refondation de l’État malien. En validant le texte à l’unanimité, le Conseil national de Transition affiche ainsi son soutien aux transformations institutionnelles et sociales engagées par les autorités.
À travers cette adoption, le Mali entend poser les bases d’une administration publique plus performante, plus équitable et davantage orientée vers les besoins des citoyens.
Sanadé Sanah



