Le parcours de Mamadou Djikiné illustre les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les travailleurs humanitaires dans certaines zones à risque du Mali. Ancien employé de l’ONG locale YAC-T-U, il intervenait dans la zone de Baye, où l’organisation menait des activités humanitaires au profit des populations vulnérables.
Selon des proches, Mamadou Djikiné a été enlevé en juillet 2021 en compagnie de plusieurs de ses collègues dont Mamadou Togo, Mohamed Diarra, Moussa Karembé et Modibo Tolofoudié alors qu’ils se trouvaient dans l’exercice de leurs fonctions. Les circonstances exactes du rapt n’ont jamais été totalement élucidées, mais cet enlèvement avait suscité une vive inquiétude parmi les acteurs humanitaires opérant dans la région.
Les otages auraient passé plus de 45 jours en captivité dans des conditions particulièrement difficiles. Privations, isolement et incertitudes auraient marqué leur détention, selon des témoignages recueillis après leur libération. Leur remise en liberté serait finalement intervenue après le paiement d’une importante rançon, dont le montant n’a pas été rendu public.
Profondément marqué par cette expérience, Mamadou Djikiné aurait ensuite choisi de quitter le Mali afin de garantir sa sécurité et celle de sa famille. Il se serait réfugié en Espagne, où il tente aujourd’hui de reconstruire sa vie loin des menaces qui pesaient sur lui.
Cette affaire rappelle les risques permanents auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires dans certaines régions instables du Sahel. Malgré les dangers, de nombreuses organisations continuent d’assurer une assistance essentielle auprès des populations affectées par l’insécurité et les crises humanitaires.
La rédaction


